:

Heterhomo

Égalité des Genres et des Sexualités dans le Monde de l'Éducation

Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !

Bas
Accueil du site > Système éducatif (et/ou répressif) > Fonctionnaires d’autorité > Juges et PJJ > Égalité des sexualités > un héros ordinaire, quel courage : il témoigne devant tous, la "justice" (...)
agrandir le texte réduire le texte texte normal imprimer envoyer l'article par mail

un héros ordinaire, quel courage : il témoigne devant tous, la "justice" contre lui !

Il ne se contente pas de porter plainte discrètement, il médiatise l’affaire,

alors même qu’il n’a pas fait son coming out au travail

et simplement pour faire avancer la lutte contre l’homophobie

Bravo et merci !

Agression homophobe à Bordeaux : L’agresseur en garde à vue, la victime raconte

Par Mathieu Bouthier 06 octobre 2011,

Insultes homophobes, coups de poing… Nicolas, 28 ans, a été violemment agressé dimanche par son voisin, qui a été placé en garde à vue ce matin.
Il témoigne pour TÊTU.

« J’ai cru que j’allais mourir ». Dimanche, Nicolas (photo), chauffagiste de 28 ans a été roué de coups, par son voisin du dessus, dans un quartier paisible du centre de Bordeaux.
« Vers 23 heures, en arrivant chez moi, je me suis trouvé face à lui et avant même d’avoir eu le temps de rentrer dans mon appartement, il m’a projeté à terre et assené coup de poing sur coup de poing.
A chaque impact, je voyais une lumière blanche, j’étais recroquevillé sur le trottoir.
Plus grand que moi, plus fort, il hurlait « je vais te faire fermer ta sale gueule de PD ». 

Alertés par les cris de Nicolas, deux riverains interviennent. L’agresseur rentre chez lui…

Nuit aux urgences

Quelques mois auparavant, après qu’il eut sans doute compris que Nicolas était homosexuel, le voisin s’était déjà fait insultant.
Au point que le jeune gay dépose une main courante.
Puis porte plainte en juin, suite à une série de menaces homophobes.


Durant l’été, le voisin était entendu par la police, prétextant à son tour des injures raciales et du tapage.
Sans jamais avoir pourtant entamé quelque procédure en ce sens…


Et puis il y a eu l’agression de dimanche.
Après une nuit passée aux urgences dont il sort avec 3 jours d’ITT, Nicolas se rend au commissariat, dépose plainte et rentre chez lui.
Là, il réalise ce qui lui est arrivé.
Et surtout ce qui aurait pu se passer : « Enfermé chez moi, je tournais en rond, je pleurais, j’imaginais que mon agresseur allait revenir, je pensais à ce qu’il serait advenu s’il avait eu une arme ou si mes voisins n’étaient pas intervenus…
Puis, je l’ai aperçu par la fenêtre.
J’ai choisi de m’installer chez des amies. Il fallait que je parte. Et que je parle. »

Médiatisation Nicolas décide en effet de raconter son histoire, soutenu par les structures locales de défense des droits des LGBT et notamment par la LGP Bordeaux,.
« Nous avons beaucoup discuté de l’impact qu’aurait une médiatisation de cette affaire, confie Matthieu Rouveyre, membre actif de l’association.
Les deux jeunes qui ont été agressés au miroir d’eau il y a deux semaines ont préféré ne pas s’exposer.
Nicolas qui n’était pas par exemple out à son boulot, a choisi malgré tout de donner un visage à l’homophobie ».
Car, comme en a attesté mercredi une voisine auprès des services de police, l’agresseur, dans son déchaînement de violences, a bel et bien proféré des insultes liées à la sexualité du jeune homme…

L’avocat Uldrif Astié qui est en charge du dossier souhaite d’ailleurs en priorité que le parquet reconnaisse « le caractère clairement homophobe de cette affaire.
Ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
Comme pour les agressions racistes il y a quelques années, il est encore difficile de faire prendre en compte ces circonstances aggravantes.


Or, sans ces dernières, les coups et les blessures sans armes entraînant moins de huit jours d’ITT -ce dont a été victime Nicolas- sont pour la justice, non pas des délits mais de simples infractions, moins sévèrement punies et qui passent généralement inaperçues dans l’activité des tribunaux correctionnels… »

Le voisin a été placé en garde à vue ce matin, et il incombe désormais au parquet de trancher : Nicolas a-t-il été victime d’injures homophobes et de violences légères ou de violences aggravées car commises en raison de l’orientation sexuelle de la victime ?

Agression d’un gay à Bordeaux : L’homophobie n’est pas retenue

Par Matthieu Bouthier vendredi 07 octobre 2011, Le parquet n’a pas retenu la circonstance aggravante et a renvoyé l’affaire devant le tribunal de police.
L’agresseur placé en garde à vue hier a été remis en liberté.

Le contexte de lourds problèmes de voisinage dans lequel les coups ont été portés a-t-il joué ?
Toujours est-il qu’hier, le parquet a décidé du renvoi de l’agresseur de Nicolas devant le tribunal de police.
En clair, le caractère homophobe de l’agression, circonstance aggravante, n’a pas été retenu.

« Permis de tabasser les homos »

La réaction de la LGP qui accompagné Nicolas dans ses démarches ne s’est pas fait attendre : « Le Parquet de Bordeaux qui a fait preuve (…) d’un laxisme inacceptable depuis le début de cette affaire, a refusé de prendre en compte le témoignage d’une voisine qui atteste le caractère homophobe de l’agression.

Comment ne pas voir dans la décision du Parquet un permis de tabasser les homos ? S’il arrivait par malheur que Nicolas subisse à nouveau la violence de son voisin, nous tiendrons le Parquet personnellement responsable ! (…) Nous considérons qu’il est grand temps pour le Parquet de Bordeaux de se former à la lutte contre les discriminations.
Les associations bordelaises accompagneront Nicolas dans toutes les démarches qu’il jugera utiles
. »

Maître Uldrif Astié, conseil du jeune gay bordelais roué de coups dimanche soir, s’est déclaré quant à lui « déçu par cette décision. Hier, une confrontation entre mon client et son agresseur avait été organisée, ce qui arrive généralement quand deux versions des faits différent fortement. _ Je pense qu’à l’arrivée le parquet a choisi de couper la poire en deux, ceci malgré le dépôt d’une main courante en avril, d’une plainte en juin et le témoignage d’une voisine.
Reste que le tribunal de police peut toujours se déclarer incompétent en reconnaissant qu’il y a bien eu circonstance aggravante et renvoyer le dossier devant le tribunal correctionnel. »
L’agresseur âgé de 39 ans a été remis en liberté.

Haut

Citations

"L’homophobie constitue une menace pour les valeurs démocratiques de compréhension et de respect d’autrui, en ce sens qu’elle promeut l’inégalité des individus en fonction de leurs simples désirs, encourage la rigidité des genres masculin et féminin, et favorise l’hostilité envers l’autre. Il s’agit d’un délit susceptible de sanction juridique". Daniel Borillo

S'inscrire à la Newsletter

 

S'inscrire pour participer à la vie du site

Vous inscrire sur ce site

L'espace privé de ce site est ouvert aux visiteurs, après inscription. Une fois enregistré, vous pourrez consulter les articles en cours de rédaction, proposer des articles.

Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Liens Contact Mentions légales Plan du site Admin Haut