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Une gay pride à Belgrade

Une gay pride sous tension annoncée pour octobre

Têtu par Rédaction (avec agence) 26 août 2011,

La prochaine Marche des fiertés LGBT de la capitale serbe devrait avoir lieu le 2 octobre prochain malgré la réticence du gouvernement et les incidents de la précédente édition.

La gay pride de Belgrade en 2010

S’exprimant aujourd’hui lors d’une conférence de presse, Jovanka Todorovic, membre des comités d’organisation de la Marche des fiertés LGBT de Belgrade a indiqué que la prochaine gay pride de la capitale serbe aurait lieu le dimanche 2 octobre prochain.
« L’heure exacte, le lieu et les détails du programme seront communiqués ultérieurement », a-t-il ajouté. « Nous avons officiellement annoncé à la police la tenue de cet événement », a précisé un autre militant.

Consensus

Une dizaine de policiers se tenaient aux abords du bâtiment où a eu lieu la conférence de presse, selon un journaliste de l’AFP.
Un déploiement peu commun pour un événement de ce type.
Trois véhicules, dont un fourgon et un minibus étaient positionnés en outre devant le centre de presse.

La semaine dernière, le vice-Premier ministre serbe et ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic, a souhaité un consensus des responsables politiques sur la tenue de la marche des fiertés LGBT, déclarant vouloir éviter que les policiers deviennent la cible de violences.
« Sans un consensus (au sujet de la tenue d’une gay pride), je n’enverrai pas mes policiers pour être confrontés à des violences », a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, les organisateurs ont refusé de commenter ces déclarations, affirmant simplement que « la coopération avec les institutions qui sont nos seuls partenaires dans l’organisation de l’événement était bonne ».

« Belgrade brûlera comme Londres »

En octobre 2010, la gay pride de Belgrade, la première en près de dix ans, avait été marquée par des heurts importants entre des milliers de manifestants homophobes et violents, pour beaucoup issus de la mouvance ultra-nationaliste ou des milieux des supporteurs sportifs, et de nombreux effectifs de la police.
Ces heurts avaient fait plus de 150 blessés, dont 147 policiers.

L’organisation ultra-nationaliste Dveri a lancé jeudi une mise en garde au sujet de la gay pride, estimant lors d’une conférence de presse qu’elle pourrait provoquer des troubles et des émeutes semblables à celles qui ont agité Londres début août.
Selon eux, la tenue d’une telle manifestation et les moyens publics déployés pour l’occasion sont une « provocation » en ces temps de difficultés économiques.
Si le gouvernement autorise cette marche, « Belgrade brûlera comme cela a été le cas récemment pour Londres », ont déclaré des représentants du mouvement.

Gay pride de Belgrade 2010 : entre espoir et affrontements violents

Publié par Audrey Banegas http://yagg.com/2010/10/11/gay-prid…

Hier, dimanche 10 octobre, se tenait à Belgrade la première gay pride serbe depuis 2001. Ce qui aurait dû être une journée d’espoir, placée sous le signe des droits humains, s’est transformée en violents affrontements entre forces de l’ordre et jeunes homophobes d’extrême droite.

SCÈNES DE GUERRE CIVILE
Au centre ville de Belgrade, cette gay pride historique a réuni 14 associations LGBT et près de 1500 participants, qui ont pu défiler dans un périmètre restreint.
Un événement rendu possible grâce à un déploiement de forces de sécurité exceptionnel de 5000 policiers, en tenue anti-émeute, avec casques et boucliers. Il n’en fallait pas moins. Rapidement, alors que la gay pride commençait, les rues de la capitale serbe se sont transformées en scènes de guerre civile.

Plusieurs centaines de hooligans d’extrême droite ont tenté de s’approcher de la marche, en scandant des insultes homophobes et des « mort aux homosexuels ». En vain. Les forces de sécurité scellaient efficacement le périmètre du centre ville, mais les hooligans n’en sont pas restés là et les violences se sont amplifiées.
Ils ont commencé à se battre avec les policiers, puis à leur jeter des briques, des pierres, des bouteilles de verre, avant de passer aux cocktails molotov et aux grenades, d’incendier des voitures, de casser des vitrines, des panneaux de circulation, de piller des magasins…
Ils s’en sont également pris à plusieurs antennes de la télévision d’État, ainsi qu’au siège du Parti démocrate pro-occidental, là aussi avec des cocktail molotov… jusqu’à ce que la police parvienne à restaurer le calme, en fin d’après-midi.

LOURD BILAN _ Le bilan des ces affrontements est lourd : plus de 120 blessés, principalement des policiers.
Et près 190 hooligans auraient été arrêtés.
Le maire de Belgrade, Dragan Djilas, a estimé les dommages à plus d’un million d’euros.
Selon l’agence de presse AP, la plupart des émeutiers étaient de jeunes supporters de foot, des groupes infiltrés par des organisations néo-nazies.

VALEUR DE TEST
Cette marche était attendue comme un test majeur pour le gouvernement serbe, qui s’est lancé dans des réformes pro-occidentales et pour la protection des droits humains, dans l’objectif d’intégrer prochainement l’Union Européenne.

CONDAMNATION
Dès la fin des affrontements, le gouvernement serbe et le président Boris Tadić ont fermement condamné ces violences.
« Les hooligans et les organisateurs des violences d’aujourd’hui seront arrêtés et menés devant la justice. (…)
La liberté d’expression est garantie par la constitution », a déclaré le président serbe, ajoutant qu’attaquer la police signifiait attaquer l’État.
« La Serbie assurera la protection des droits humains à tous ses citoyens, sans considération pour leurs différences, et toute tentative de renier leur liberté par la violence ne peut pas continuer
, a t-il conclu.

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Du côté des participants, on se réjouit néanmoins que la marche ait pu avoir lieu.
« Il s’agit d’un premier pas. Une longue route nous attend, mais je suis heureuse que la gay pride se soit enfin déroulée », a déclaré Sara, une participante.
« Après avoir vécu dans la peur, nous avions besoin de cette marche afin de devenir visibles.
Etre entourés de policiers n’est pas l’idéal, mais c’est une première. Dans dix ans, peut-être, les choses seront différentes », a estimé Nikola.
Vincent Degert, le chef de la délégation de la Commission européenne en Serbie et Constantin Yerocostopoulos, représentant spécial du secrétaire général du Conseil de l’Europe, ont participé à la manifestation de dimanche.

Regardez des images de la Marche, côté participants :

A Belgrade : « La famille : oui, les gays : non ! »

Têtu par Rédaction 09 octobre 2010

Environ 8.000 manifestants, encadrés de près par les forces de l’ordre, ont défilé samedi dans la capitale serbe pour protester contre l’organisation d’une Gay pride dimanche. Il n’y a pas eu d’incidents, mais les slogans font froid dans le dos.

L’an dernier déjà, l’annonce de la tenue d’une gay pride avait provoqué des réactions d’hostilité dans la capitale serbe, jusque dans les stades où des banderoles homophobes étaient déployées (photo).
Les autorités avaient fini par interdire le rassemblement.

Défiler dans la rue une fois dans l’année au nom de la visibilité gay reste un vrai combat dès que l’on s’éloigne des pays d’Europe occidentale.
C’est encore le cas en Serbie, où la tenue d’une gay pride ce dimanche à Belgrade a mobilisé des milliers d’opposants dans la capitale serbe.

« Défense de la famille » Manifestants venus en famille, avec leurs enfants, se mêlaient à des jeunes, appartenant à des groupes de supporters de football, avec pour mot d’ordre « la défense de la famille ».

Le cortège s’est ébranlé du centre ville, remontant une rue piétonne animée, avant de se diriger vers le Parlement serbe, sans incidents.
Les forces de l’ordre surveillaient de près le bon déroulement de la manifestation.
« L’Etat ne fait rien pour aider la famille alors qu’il autorise ce rassemblement contre-nature. Nous voulons l’interdiction de cette marche », a déclaré Miroslav Parovic, l’un des porte-parole de l’organisation ultra-nationaliste Dveri, à l’origine de cette manifestation.

Gay pride maintenue Le porte-parole évoquait la gay pride prévue dimanche à Belgrade et maintenue par les autorités alors qu’une manifestation semblable avait été annulée l’année dernière en raison des risques de violences de la part d’éléments ultra-nationalistes.

Des activistes de Dveri distribuaient des pamphlets sur lesquels on pouvait lire « Je suis ici, car l’Etat devrait aider la famille et non la gay pride, car la famille est pour moi plus importante que l’Union européenne », ou encore « pour que la parade honteuse de demain soit annulée ».

« Tuez les pédés ! »

Accompagné de son épouse et de leur deux enfants en bas âge, Janko Milicevic, 35 ans, explique sa participation à la manifestation.
« La Gay Pride est un thème imposé qui n’a rien à voir avec les priorités, économiques ou sociales de ce pays, je suis ulcéré par l’attitude servile de l’Etat qui exécute la volonté d’un lobby et aussi par les positions du type : nous mesurerons le degré de votre démocratie par la tenue ou non d’une réunion d’homosexuels », dit-il d’une seule traite.

Plus loin, un groupe de jeunes, vraisemblablement des supporters, vêtus de noir et masqués, l’air menaçant, scandait sans relâche des slogans anti-gay. « Les pédés ne marcheront pas dans cette ville. Tuez les pédés ! » scandait ce groupe mais aussi beaucoup d’autres jeunes gens, dont certains faisaient le salut fasciste.

Pour Miljana Protic, 26 ans, cette manifestation tout comme celle prévue dimanche relève de la liberté d’expression qu’offre un système démocratique. « La Constitution autorise les gay à manifester, je le reconnais, mais je suis venue car je tiens moi aussi à manifester mon opposition » à leur parade, dit-elle.

Gay Pride de Belgrade : test de la maturité de la démocratie en Serbie, selon l’OSCE

La façon dont se déroulera la Gay Pride de dimanche prochain à Belgrade constituera un test de la maturité de la démocratie en Serbie, a déclaré jeudi une représentante de l’OSCE, Daiana Serafina Falloni.

La maturité de la démocratie serbe sera, entre autres, jugée par le degré de respect des principes de non-discrimination, d’un statut égal pour tous et de l’application de la loi pour tous" les citoyens, a déclaré Serafina Falloni lors d’une conférence de presse.

La responsable de l’OSCE a salué les efforts des autorités serbes visant "à assurer un environnement sûr pour les participants" à la Gay Pride, mais a relevé que "davantage devait être fait face aux voix extrémistes qui continuent d’appeler à la haine et à l’intolérance dans ce pays".

Une représentante d’Amnesty international, Sabine Zwiers, a espéré de son côté que la tenue de la Gay Pride représentera "un tournant décisif" dans la défense des droits des minorités sexuelles en Serbie et a appelé le gouvernement "à oeuvrer pour assurer l’égalité des droits pour les homosexuels".

"L’obligation (de protéger les droits des homosexuels) ne s’arrête pas dimanche, ce n’est que le début", a-t-elle déclaré.

La Gay Pride de Belgrade doit se tenir un an après que le projet de tenir une manifestation semblable ait dû être annulé en raison des menaces de groupes ultra-nationalistes.

Le ministre serbe pour les Droits de l’Homme et les Minorités, Svetozar Ciplic, a indiqué qu’il serait présent dimanche, accompagné "d’au moins deux ministres" et de plusieurs parlementaires.
Le chef de la délégation de la Commission européenne à Belgrade, Vincent Degert, a également annoncé en début de semaine qu’il serait présent.

Les députés de l’Inter-groupe LGBT du Parlement européen ont adressé une lettre ouverte aux autorités Serbes pour exprimer leur soutien et participation à ce rassemblement.

L’organisation ultra-nationaliste Dveri a annoncé, de son côté, pour samedi à Belgrade une manifestation contre la tenue de la Gay Pride.

"On ne veut pas s’attaquer de façon systématique (en Serbie) aux problèmes vitaux de la famille, aux problèmes économiques, mais en revanche, il y a un zèle très marqué pour trouver des solutions aux prétendus problèmes de la population gay", a déclaré Miroslav Parovic, un des leaders de Dveri, lors d’une conférence de presse à Belgrade.

"Nous appellerons samedi publiquement le pouvoir à annuler la tenue de la Gay Pride", a-t-il déclaré, en se dégageant de toute responsabilité devant d’éventuelles violences dimanche.

Dans le centre de Belgrade, des affiches d’une autre organisation ultra-nationaliste, Obraz, sur lesquelles était inscrit "on vous attend" sont apparues jeudi.

Une Gay Pride à Belgrade serait la première depuis 2001, date à laquelle un tel défilé, le tout premier en Serbie, s’était achevé dans des violences perpétrées par des mouvements ultra-nationalistes.

> L’église serbe opposée à la Gay Pride

L’église orthodoxe serbe s’est déclarée "résolument opposée" à la tenue de la Gay Pride, prévue dimanche à Belgrade, tout en qualifiant d’"inacceptable toute violence" qui entacherait la manifestation, dans un communiqué diffusé vendredi sur son site internet. www.e-llico.com
Mis en ligne le 08/10/2010

Une gay pride à Belgrade le 10 octobre ?

http://yagg.com/2010/09/08/une-gay-…

Publié par Judith Silberfeld

« Marchons ensemble ». C’est le slogan de la gay pride qui devrait se tenir le 10 octobre prochain à Belgrade. Le conditionnel est important : depuis la première et dernière gay pride serbe en 2001, les autorités ont toujours refusé d’autoriser la tenue d’une nouvelle parade LGBT.
En 2009, la police se déclarant incapable d’assurer la protection des participant-e-s, une délocalisation avait été proposée aux organisateurs, mais ceux-ci avaient refusé.

Entre temps, le premier festival du film queer de Belgrade, Merlinka, a pu se tenir en décembre, et cet été, le ministre des Droits humains et des Minorités Svetozar Čiplić d’abord, puis le président Boris Tadić ont apporté leur soutien à l’idée d’une gay pride dans la capitale serbe.

Selon UK Gay News, les associations organisatrices la Gay Straight Alliance (Gej Strej Alijansa, GSA) et le centre Queeria ont défini le parcours en tenant compte « des conditions de sécurité et du symbolisme de la Parade de cette année », et ont donc décidé de rester dans le centre de Belgrade, où sont situées un certain nombre d’administrations : le ministère de la Justice, le ministère de l’Éducation, la cour d’appel, le Conseil constitutionnel, etc.« 

UN RASSEMBLEMENT PUBLIC PACIFIQUE ET NON-VIOLENT »

« Nous voyons la Pride Parade 2010 comme un événement inclusif, un rassemblement public pacifique et non-violent qui montrera que les personnes lesbiennes, gays, bi et trans’ (LGBT) en Serbie peuvent marcher dans les rues de Begrade librement et sans peur, avec le soutien de leurs proches, de leurs ami-e-s, de leurs collègues et de tous ceux qui défendent l’égalité, la tolérance et le respect des droits humains, a déclaré un porte-parole à UK Gay News.

La Parade n’est pas notre objectif ultime mais un moyen par lequel attirer l’attention de la société sur les problèmes auxquels sont confrontés quotidiennement la population LGBT, et d’exiger de l’État qu’il règle la violence et la discrimination de façon systématique. »

« Aujourd’hui les principaux acteurs politiques ne se désolidarisent pas de la communauté LGBT, il n’y a plus de déclarations pour dire « laissez-les faire ça entre quatre murs », cette année le soutien à la population LGBT est indéniablement plus fort et il a été exprimé explicitement par tous les partis politiques à l’exception du DSS (Parti démocratique de Serbie), explique l’expert en sécurité Zoran Dragišić sur le site serbe B92.
Il ne devrait pas y avoir ces bêtises de l’an dernier où des hooligans ont menacé d’attaquer la Pride et ont fait fuir l’État. »

« LES POLITIQUES ONT SOUS-ESTIMÉ LE PEUPLE SERBE »

Pour Zoran Dragišić, la stratégie des politiques a changé : « Il me semble que l’an dernier les politiques ont sous-estimé le peuple serbe, l’ont vu aussi homophobe et xénophobe qu’ils le sont eux-mêmes. Cette année ils ont compris que s’ils protégeaient les participants à la gay pride ils marqueraient beaucoup plus de points politiques et c’est ce qui me fait espérer que le rassemblement se tiendra sans problème  ».

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Citations

La femme est le trône de Satan, la pudeur lui est à charge ; fuis-la, lecteur. B. de Morlas, cité par Delumeau, La peur en Occident, coll. Pluriel, Éd. Hachette.

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