Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Du 17 au 27 novembre
Têtu Par Oscar Héliani jeudi 11 novembre 2010
Des travestis vieillissants qui préparent leur dernière revue.
C’est le thème de ce pétillant « Gardenia », un spectacle qui débarque la semaine prochaine au théâtre de Chaillot.

Rencontre avec l’initiatrice du projet Vanessa Van Durme.
Gardenia est un cabaret de travestis vieillissants condamné à la fermeture.
C’est également un merveilleux spectacle sur l’espoir où la troupe joue sa revue pour la dernière fois.
Avant que les perruques, les paillettes et les faux-cils n’envahissent le Théâtre de Chaillot pendant dix jours, TÊTU a rencontré l’actrice transsexuelle belge Vansessa Van Durme qui est à l’origine de ce projet.

TÊTU : Comment est née l’idée du spectacle ?
Vanessa Van Durme : Tout a commencé en 2000 quand j’ai vu le documentaire Ya Soy Asi sur un cabaret de travestis à Barcelone qui devait être démoli pour la construction d’un parking.
Je me suis demandée ce qu’ils allaient devenir.
Ils avaient la soixantaine passée, mais on voyait bien qu’ils ne voulaient pas s’arrêter.
Ce cabaret, c’était toute leur vie ! J’en ai parlé à mes deux potes, le chorégraphe Alain Platel avec qui j’ai fait Tous des Indiens en 1999 et Franck Van Lack qui a mis en scène mon monologue Regarde maman je danse où je racontais ma transformation.
Dix ans plus tard, le projet a vu le jour.
Parlez-nous du casting
J’ai contacté la petite bande d’anciens copains, des messieurs âgés entre 62 et 67 ans.
Ces anciens travestis avaient changé de vie pour devenir receveur des impôts, infirmier ou fonctionnaire de la ville.
Je leur ai proposé non seulement de remonter sur scène, mais aussi de chanter sans play-back.
Et leur première réaction a été : « Mais comment je vais faire ? Je n’ai plus aucune tenue ou bien j’ai jeté toutes mes perruques ! »
Vous verrez aussi un jeune et bel acteur russe et une actrice de 45 ans.
Quelle est la forme du spectacle ?
Il y a du théâtre, des standards du cabaret, de la performance, sans hiérarchie aucune.
En Flandres, nous n’avons pas la même conception du théâtre que vous en France. On se contrefout des catégories ; mon seul souci, c’est toucher, provoquer l’émotion avec un spectacle fort.
Soit faire rire comme Jacqueline Maillan le faisait à son époque - c’était la meilleure n’est-ce pas ?- soit que les spectateurs sortent estomaqués par ce qu’ils viennent de voir.
J’ai envie que le public soit joyeux et plein d’espoir en se disant : putain, j’ai vu ces vieux, et ils ont vraiment la pêche !
Peut-on considérer le spectacle comme un manifeste contre l’homophobie ?
Gardenia, c’est notre gay pride à nous ! On ne peut pas prévoir les réactions du public.
Je n’obligerai personne à rester pendant une représentation s’il ne peut le supporter ; j’estime juste qu’on doit nous respecter, mais on a tout à fait le droit de ne pas nous accepter.
Au fait, pourquoi ce nom : Gardenia ?
Je n’en sais trop rien. Le nom de cette fleur m’est venu en tête et je trouve que ça correspond bien puisque, comme je le dis dans le spectacle : nous sommes un merveilleux bouquet de fleurs !
Du 17 au 27 novembre au Théâtre de Chaillot. Plus de renseignements sur le site du Théâtre de Chaillot

« Il est frappant de constater que lorsqu’on aborde la plupart des aspects de la vie (développement de la fibre maternelle chez les petites filles, façon dont on leur apprend à se servir de leurs mains, à être adroites pour les intégrer et les exploiter plus tard dans les tâches ménagères ou professionnelles) un seul domaine reste totalement exclu, celui de la sexualité. Nous savons, bien sûr, que là aussi les hommes et les femmes se comportent différemment, mais nous jugeons ça naturel ». Ursula Scheu