Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
L’ouverture du mariage aux couples de même sexe n’est plus tabou
Publié par Julien Massillon http://yagg.com/2013/05/06/printemp…
Ce n’est que l’an dernier que sa capitale, Hanoï, a accueilli sa première gay pride, mais le Vietnam semble avancer très vite vers une reconnaissance pleine et entière des couples de même sexe. Les réflexions sur l’ouverture du mariage, amorcées l’été dernier, semblent trouver un relais sérieux au sein du gouvernement puisque le vice-ministre de la Justice a déclaré fin avril : « Les personnes du même sexe ont le droit de vivre, de s’aimer, de trouver le bonheur et de se marier ».
UNE SITCOM TRÈS GAY Comme le montre un article du Monde.fr, Les personnes LGBT jouissent d’une certaine libéralisation au sein de la société. La sitcom Mes meilleurs amis gays, uniquement diffusée sur Internet, connaît un succès populaire très important. Filmée à l’aide d’un appareil photo, elle raconte le quotidien de colocataires vivant à Ho Chi Minh-Ville. La chanteuse trans Cindy Thai Tai, très célèbre là-bas, y fait même une apparition.
Cela n’occulte toutefois pas que selon une étude, 86% des Vietnamien-ne-s homosexuel-le-s sondé-e-s dissimulent leur orientation sexuelle et que les mentalités restent empreintes de confucianisme et de marxisme. Il n’est pas dit que le débat sur le mariage aboutira à court terme sur l’ouverture des unions aux couples de même sexe, mais cela pourrait aider le régime à montrer qu’il entre dans la modernité… sans sacrifier ses principes économiques.
Signe que le tabou de l’homosexualité s’estompe, le Vietnam découvre sa première sitcom gay, une série qui attire des millions de spectateurs sur YouTube alors que le soutien au mariage homosexuel progresse au sein du régime communiste.
E-llico.com
Mis en ligne le 02/05/2013
L’homosexualité a longtemps été considérée comme un "fléau social" dans le pays asiatique et même l’auteur de "Mes meilleurs amis gays", série à petit budget sur trois colocataires de Ho Chi Minh-Ville, ne peut dissimuler sa surprise.
"Je pensais que cela n’intéresserait que la communauté gay du Vietnam, mais on nous dit que des parents, des grands-parents, des familles entières regardent et aiment la série, et attendent avec impatience les nouveaux épisodes", raconte Huynh Nguyen Dang Khoa, 22 ans, également une des stars de la sitcom.
Depuis les problèmes de coeur jusqu’au grand départ de la maison familiale, la série passe en revue la vie de jeunes Vietnamiens fauchés de la mégalopole du sud du pays. A un détail près : tous les personnages ou presque sont membres de la communauté LGBT.
Khoa, lui-même gay, s’est lancé dans l’aventure après avoir entendu les anecdotes d’un de ses amis - également acteur de la sitcom - qui a décidé de vivre ouvertement son homosexualité.
"Je voulais montrer aux gens que les homosexuels ont des vies ordinaires, remplies d’émotion, d’amis, de famille.
Des vies normales", explique-t-il. Faute de moyens, il a filmé les neuf épisodes déjà diffusés, sur quinze prévus, avec son appareil photo. La plupart des acteurs sont des amis, homosexuels ou non.
Contrairement à d’autres pays de la région où la sodomie est interdite, l’homosexualité n’est pas illégale au Vietnam.
Mais dans une société où domine la morale confucéenne qui insiste sur tradition et famille, elle a longtemps été taboue.
Le gouvernement a pourtant créé la surprise l’an dernier en envisageant la légalisation du mariage gay, qui a reçu le soutien du ministère de la Santé. Les homosexuels" ont le droit de vivre (…), d’aimer, de trouver le bonheur (et) de se marier", a ainsi récemment déclaré le ministre adjoint, Nguyen Viet Tien.
Trop "sensible" pour la télévision
S’il allait au bout du processus, le Vietnam deviendrait le deuxième pays en Asie-Pacifique et le quinzième dans le monde à prendre une telle décision après l’adoption récente d’une loi en Nouvelle-Zélande et en France.
Et même s’il ne va pas jusqu’au mariage, un pas vers l’union civile ferait de Hanoï un surprenant pionnier des droits homosexuels en Asie.
Plusieurs cérémonies symboliques de mariage homosexuel y ont déjà été organisées et l’an dernier, le premier film sur une romance entre deux hommes avait attiré de nombreux curieux.
L’attitude à l’égard de la communauté LGBT évolue rapidement, se félicite le sociologue Le Quang Binh.
Mais il reste prudent quant à l’impact de la sitcom sur le débat : "nous faisons pression sur le gouvernement. J’espère des évolutions positives", explique-t-il.
La série aborde de front le sujet du mariage dans son dernier épisode - déjà vu un demi-million de fois - via les péripéties d’une union entre deux femmes.
"Ce mariage va contre les traditions et les coutumes vietnamiennes !", s’exclame la responsable du restaurant où se tient la noce, en forçant les invités à partir.
C’est alors qu’une invitée haute en couleur, interprétée par Cindy Thai Tai, une célèbre chanteuse transsexuelle, l’interpelle énergiquement. "Alors vous pensez que les homosexuels n’ont pas le droit de s’aimer et de se marier légalement ?".
La gérante de l’établissement, sous pression des autorités locales, ne cède pas. Mais la fête se tiendra ailleurs.
Le premier épisode diffusé en 2012 a été vu plus d’un million de fois et l’audience des huit autres augmente régulièrement.
"J’ai beaucoup de sympathie, et d’admiration, pour l’amitié et l’amour dont ils font preuve les uns envers les autres.
Je pense qu’ils vivent une vie plus belle que les gens ordinaires", commente un fan sur YouTube.
Mais le mouvement populaire a encore du mal à toucher les grands diffuseurs. Il n’est pas prévu que "Mes meilleurs amis gays" passent à la télévision. Trop "sensible", estime Khoa.
Têtu par Rédaction (avec agence) 06 août 2012,
Après la gay pride d’hier à Hanoi, retour sur les contradictions de ce curieux pays communiste où gouverne encore la norme traditionnelle, mais qui réfléchit à l’ouverture du mariage aux couples homos.
Lesbian & gay pride à deux roues, hier à Hanoi (capture de la vidéo ci-dessous).
Le Vietnam communiste, où l’homosexualité a longtemps été vue comme un « fléau social », réfléchit désormais à de nouvelles lois qui propulseraient le pays à la pointe des droits des homos, dans une Asie dominée par les valeurs traditionnelles et où, dans plusieurs pays, la sodomie reste illégale.
La première lesbian & gay pride du pays
Le tabou homosexuel s’estompe au Vietnam.
Signe le plus visible : dans ce pays communiste, une centaine de vélos et motos décorés de drapeaux arc-en-ciel ont sillonné dimanche les rues de Hanoï, lors de la première lesbian & gay pride du pays.
L’an prochain, les députés doivent amender la loi sur le mariage et la famille, et le ministre de la Justice a récemment indiqué qu’ils pourraient envisager d’y faire pour la première fois une place aux couples homosexuels.
Si selon les experts, l’Assemblée nationale ne devrait pas aller jusqu’à légaliser le mariage entre personnes du même sexe, elle pourrait autoriser une forme d’union civile, ou créer certaines protections légales pour les couples vivant ensemble ou désirant adopter des enfants.
« Le Vietnam est un cas à part »
« Aucun pays en Asie du sud-est, même la Thaïlande, n’a mis le mariage homosexuel au menu de discussions officielles, alors c’est une surprise pour beaucoup de gens », commente le sociologue Le Quang Binh.
Régulièrement montré du doigt pour son bilan en matière de violations des droits de l’Homme, le régime à parti unique semble un défenseur improbable de la communauté LGBT.
Mais « le Vietnam est un cas à part », note Binh.
Contrairement à la Malaisie, l’Indonésie ou les Philippines, il n’y a pas de puissants groupes militant contre les droits des homosexuels pour des raisons religieuses, souligne-t-il.
Les homosexuels vietnamiens doivent malgré tout faire face à la pression sociale, explique Le Huong, 22 ans, qui n’a pas dit à sa famille qu’elle était lesbienne.
« Je me sens très coupable. Je ne me sens pas coupable parce que je suis tombée amoureuse d’une fille, mais je me sens coupable parce que je ne peux pas être honnête avec ma mère », indique la jeune femme, dont le nom et celui de sa petite amie ont été changés.
L’homosexualité n’est pas illégale mais dans un pays où domine la morale confucéenne, qui insiste sur tradition et famille, elle a longtemps été tabou.
Peur d’être montré du doigt
La petite amie de Huong, Nguyen Thi Hoa, n’a pas non plus fait son coming out, de peur que sa famille ne soit montrée du doigt par ses voisins et amis, qui considèrent l’homosexualité comme une maladie.
Mais les deux femmes espèrent un amendement de la loi sur le mariage pour changer cette situation et leur permettre d’adopter un enfant.
« Mis à part l’adoption d’un enfant, seul le mariage peut être une reconnaissance et une preuve d’amour.
Quand j’aurai un acte de mariage (je pourrai) prouver qu’il n’y a rien de mal à mon amour », insiste Hoa.
Signe d’un début de changement des mentalités dans certaines parties d’Asie du sud-est, Birmanie et Laos ont vu cette année aussi leur première gay pride.
Et à Singapour, où les relations sexuelles entre hommes sont illégales mais la loi rarement appliquée, 15.000 personnes ont récemment manifesté pour la tolérance.
Une réponse pragmatique
« La dynamique est similaire (à Singapour et au Vietnam).
Les droits des homosexuels ne sont pas perçus comme une menace » pour le système politique, estime Phil Robertson, de Human Rights Watch.
Ces dernières années, la presse vietnamienne, très contrôlée, a ainsi pu évoquer les droits des homosexuels, et même couvrir plusieurs cérémonies symboliques de mariage entre homos.
Pour Binh, l’amendement de la loi est surtout envisagé comme une réponse pragmatique à l’augmentation du nombre de couples homosexuels vivant ensemble.
Mais quelle que soit la motivation, le résultat sera positif, assure-t-il.
« Quand les gens acceptent la différence en matière d’orientation sexuelle, ça peut être plus facile pour eux d’accepter d’autres différences, comme la religion, les croyances, l’ethnicité. »
Publié par Fabien Carlat
http://yagg.com/2012/07/30/le-vietn…
La République socialiste du Vietnam pourrait ouvrir le mariage aux couples de même sexe, rapporte l’agence AP.
Le ministre de la Justice du pays, Ha Hung Cuong, a créé la surprise en annonçant que cette mesure pourrait faire partie de la prochaine révision des lois sur le mariage.
« Je crois qu’en ce qui concerne les droits humains, il est temps pour nous de regarder la réalité en face, a déclaré le ministre lors d’un chat sur internet diffusé à la télévision et sur la radio nationales.
_ Le nombre d’homosexuel-le-s a atteint des centaines de milliers.
Ce n’est pas un petit chiffre.
Ils/elles vivent ensemble sans enregistrer de mariage.
Ils/elles possèdent parfois des biens immobiliers.
Nous devons évidemment régler ces questions par la loi. »
UNE PREMIÈRE GAY PRIDE LE 5 AOÛT
Le ministre consultera plusieurs parties telles que des agences gouvernementales avant de présenter son projet de loi à l’Assemblée nationale en mai prochain.
La première gay pride du pays devrait avoir lieu le 5 août à Hanoï.
L’agence AP relève que si le pays est socialement conservateur, le gouvernement communiste restreint fortement les groupes religieux politisés qui, dans d’autres pays, se battent contre le mariage pour les couples de même sexe.
Si la mesure était votée, le Vietnam ferait figure de pionnier dans la région
. Selon AP, si l’homosexualité a autrefois été considérée comme un « fléau social », les médias d’État diffusent désormais de nombreux reportages relatifs à l’homosexualité.
Le Quang Binh, directeur d’un institut de sciences économiques et sociales qui sera consulté par le ministre, a déclaré : « Certaines personnes m’ont dit que si le Vietnam légalisait le droit au mariage pour les couples de même sexe, ce serait un très bon exemple à suivre pour les autres pays.
Les gens pensent qu’en parler est déjà un grand pas en avant.
J’espère que cela conduira à plus d’ouverture et de tolérance pour les gays et les lesbiennes au Vietnam ».
Capitale : Hanoi
Population : 79.2 millions d’habitants
dont environ 4 millions 740 000 homosexuel-le-s
Langue : vietnamien, chinois.
Religion :confucianisme, taoïsme, bouddhisme, christianisme
Bien qu’aucune loi au Vietnam ne pénalise l’homosexualité, elle peut-être réprimée sous des formes plus cachées.
Atteinte aux bonnes mœurs, outrages publics sont autant de prétextes qui peuvent la condamner.
L’homosexualité reste un sujet tabou !
Comme dans la majorité des pays asiatiques, les démonstrations d’affection en public sont à éviter.
A noter ces dernières années de nombreux incidents reportés par des touristes gays qui se heurtent à des combines frauduleuses pouvant se terminer en véritable cauchemar.
Ne vous laissez pas entraîner par de jeunes vietnamiens à priori fort sympathiques et aidant qui vous indiqueront des nouveaux bars/clubs gays.
Il s’agira le plus souvent de karaokés qui ne chercheront qu’à vous dépouiller de votre argent !
Cependant, depuis quelques années, les établissements gays & lesbiens se développent dans les grandes villes comme Hanoi ou Saigon et sont tout à fait sécurisés.
Notre sélection de bars et clubs se trouve dans la rubrique Sorties gay-friendly/au Vietnam :
www.homozen.com/index.cfm ?me…
‘‘Bong’’ est le titre du livre que Nguyen Van Dung a publié sous forme de journal intime.
C’est un terme péjoratif pour désigner les gays en vietnamien.
Son sens premier signifie silhouette ou ombre.
Mais en fait, ce mot vient de l’expression de ‘‘dông cô, bong câu’’, désignant une pratique de transe religieuse.
Nguyen Van Dung a décidé à 41 ans de livrer son témoignage d’homosexuel sous forme de journal dans un livre écrit avec deux journalistes après des dizaines d’heures d’entretien. Il l’a titré "Bong", un mot d’argot utilisé au Vietnam pour désigner les homosexuels.
Au Vietnam, pays communiste, l’homosexualité est encore largement taboue et son livre, qui constitue un "coming out" inédit, défraye la chronique.
Ses confidences n’ont été tirées qu’à 2.000 exemplaires, mais le fait qu’elles soient sorties est considéré comme un signe d’ouverture dans une société en changement.
Beaucoup d’homosexuels vietnamiens, raconte Nguyen Van Dung dans son livre, doivent encore se débattre avec une profonde honte.
"Si vous êtes né homosexuel, peu importe que vous soyez une femme ou un homme, vous êtes nés à un mauvais moment, un mauvais jour, un mauvais mois, une mauvaise année, sous une très mauvaise étoile", écrit-il.
Dung a fait son "coming out" il y a trois ans.
Puis il a commencé à travailler pour une ONG alimentée par des fonds étrangers, avant de créer l’an dernier sa propre organisation, "Green Pine", le "Pin vert", cet arbre capable de survivre dans d’âpres conditions.
Il passe désormais le plus clair de son temps à informer gays et lesbiennes, leur parler de relations sexuelles protégées, ou les aider à combattre les préjugés de la société.
sur près de 5 millions en réalité, le chiffre ne recense que les homos flamboyants
17 août 2007
Selon une étude rendue publique le 15 août par le ministère de la Santé, l’homosexualité (”quan hệ đồng giới”) masculine “a tendance à progresser au Viêt Nam”.
Il recense environ 10.000 gays à Hà Nôi et 20.000 à Hô Chi Minh Ville.
Le ministère n’a pas précisé comment il avait pu en déterminer le nombre ?
Quant à l’homosexualité féminine, elle n’a pas l’air d’exister dans les statistiques…
La société et les pouvoirs publics considèrent l’homosexualité comme une pathologie, comme une sorte de maladie, vecteur de transmission du VIH.
En juillet , 14.000 nouveaux cas SIDA ont été détectés, soit deux fois plus en 2006 à la même époque.
Ils ne peuvent ni s’afficher, ni “to come out”.
Le jugement de l’opinion demeure intolérant. Cependant, l’évoquer officiellement c’est déjà une petite révolution de mentalité.
Commentaires 2007
1 Même qu’on entende parfois certaines personnes s’exprimer de manière efféminée, ils se planquent généralement bien.
A coté de chez moi, dans une ville du Nord du Vietnam, il y a une entreprise qui emploi beaucoup d’homosexuels. Ils ne sont pas identifiables.
Ce sont plutôt des matchos qui tiennent bien l’alcool et ne “come out” pas au bout du 5 eme verres.
Je le sais parce que je les connais depuis plus de 10 ans. Certains sont divorcés, jamais ou encore mariés.
2. Tout à faire exact !
Mis à part quelques coiffeurs et maquilleurs célèbres du monde “fashion”qui s’affichent sans complexe leur tendance, la plupart se garde bien de se montrer.
Se faire savoir pourrait leur coûter le boulot et la mise à l’index dans le quartier. Cependant un début de reconnaissance officielle et statistique se réalise sous la pression des organismes internationaux. Une association — des gays et lesbiennes — émanant de l’organisme gouvernemental de lutte contre le SIDA travaille dans la prévention au sein de cette population, ce qui revient en partie à faire amalgame l’homosexualité et VIH.
3. Meme si le coming out n’est pas declaré sciemment, il faut tout de même noter (enfin la, je parle d’apres differentes rencontres) que ceux qui affichent leur homosexualité sont ceux ayant une position sociale au dessus de la masse lambda.
(Syfia Vietnam) Au Vietnam, comme dans la plupart des pays africains, l’homosexualité reste un tabou. Les gens commencent à peine à en parler. La plupart considèrent les homosexuels comme des malades. L’un d’eux parle de la souffrance d’être différent.
Il se fera appeler Quang. Il a pris conscience de son attirance pour les garçons à 16 ans. Il en a aujourd’hui 31 ans mais son apparence est frêle.
Il y a une dizaine d’années, il a essayé avec une fille. Sans résultat. Alors, il a été sûr de son homosexualité.
Chose rare au Vietnam, Quang a le courage de parler ouvertement de cette question.
Pas à n’importe qui toutefois. Sa famille, ses collègues, ses voisins, la majorité de ses amis ne savent pas qu’il aime les garçons.
La journée, il travaille dans un journal d’Hanoi et ne dévoile sa vraie personnalité que le soir, dans quelques bars. Des établissements fréquentés par des expatriés. Aujourd’hui, il enchaîne une énième partie de billard dans un des cafés branchés de la ville. Des routards se sont mêlés aux habitués.
Avec l’ouverture économique du pays et l’arrivée d’étrangers, les homosexuels vietnamiens commencent à s’affirmer.
Quang a appris l’anglais pour pouvoir communiquer avec des Occidentaux.
"Aborder les Vietnamiens, c’est très difficile", confie-t-il. "Des fois on sent qu’on plaît, mais on n’ose pas le dire.
On a toujours peur de faire le premier pas. Car peut-être, la personne en face ne veut pas assumer son homosexualité et la réalité sera révélée.
Cela nous empêche de vivre en paix dans cette société. Certains livres en anglais disent que 10 % de la population est homosexuelle. Je suis tout à fait d’accord. Je vois des gays autour de moi. Mais ils cachent leur vraie identité pour vivre comme les autres." Beaucoup d’entre eux se marient, font des enfants mais continuent à voir des hommes. Quang, lui, se sent incapable de mener cette double vie.
Alors que les homosexuels en Occident descendent dans les rues pour revendiquer leurs droits, au Vietnam, ils se contentent de suivre la Gay Pride à la télé. Sur des chaînes étrangères. Leurs seules occasions d’afficher leurs préférences, ce sont de rares carnavals, organisés par des étrangers travaillant dans le pays.
Vivre cachés.
Les homosexuels doivent affronter constamment l’hostilité de l’opinion publique. Ils réagissent, parfois, très violemment au regard indiscret des passants, encore peu habitués à leur manière d’être.
"La pression sociale est telle que nous devons vivre cachés. Nous devons souvent mentir, et nous créer une coquille pour nous protéger. On risque très fort de déprimer, ce qui nous pousse parfois à faire n’importe quoi. J’en connais quelques uns qui se sont suicidés faute de trouver une solution à leur vie."
La vie est particulièrement dure pour les homosexuels les plus efféminés. On les remarque et les gens les regardent parfois comme des monstres.
Les autres peuvent encore passer inaperçus. Les Vietnamiens trouvent indécent qu’un couple hétérosexuel s’embrasse dans la rue.
Ils ne sont pourtant pas du tout choqués de voir deux garçons ou deux filles s’enlacer en public. Officiellement, ce sont des amis. Des hommes invitent ainsi leurs copains à dormir chez leurs parents, sans que la famille se doute de quelque chose.
Cette intolérance encourage aussi le développement de la prostitution masculine.
De plus en plus de jeunes garçons fréquentent les boîtes à la mode. Ils recherchent un expatrié, un touriste en quête d’exotisme.
Parce qu’une relation homosexuelle affichée briserait leur carrière, des artistes, des intellectuels gays se rendent ainsi dans des lieux connus de la communauté pour rencontrer des prostitués.
D’autres se contentent de rencontres éclair au bord des deux lacs du centre ville. Tard dans la nuit.
La "honte" de la famille.
Quang, comme les autres, doit aussi affronter la pression familiale. "Quand est-ce que tu nous présentes ta copine ?". La question est partout la même. Elle a embarrassé Quang plus d’une fois. "Je réponds en fonction de l’attitude de mes parents. S’ils sont de bonne humeur, je plaisante en disant que j’attends de rencontrer une fille riche, par exemple. Mais s’ils ont l’air sérieux, je dis que je n’ai pas encore trouvé la personne qui me convient, ou alors je me tais."
Quang sait qu’éluder le problème n’est pas la solution.
Tôt ou tard, il devra dire la vérité à sa famille. Mais le moment n’est pas encore venu. "Je pense que mes parents ne tiendront pas le choc s’ils apprennent que je suis gay." Dans ce pays, c’est l’ensemble de la famille qui doit vivre avec "la honte" d’avoir un enfant homosexuel.
Quang regarde dans le vide. Il s’interroge. Pourquoi n’est il pas né "comme les autres garçons". Il aurait aimé vivre comme tout le monde, fonder une famille et faire des enfants. Mais la vie en a décidé autrement.
(Syfia Vietnam) Oubliés par les statistiques et les campagnes anti-sida, les homosexuels vietnamiens, entre 2 et 7 millions de personnes, ignoraient jusqu’à l’année dernière faire partie des groupes à risque.
Les choses commencent à changer.
Hung menait une vie tranquille jusqu’au jour où il a décidé de confesser son homosexualité à des collègues. Le lendemain, il était convoqué par la direction de sa compagnie qui lui annonçait son licenciement, "parce qu’il n’était ni homme, ni femme".
Officiellement, il n’y a pas d’homosexualité au Vietnam et par conséquent les risques d’une contamination par le VIH/sida à l’occasion de relations sexuelles entre hommes ne sont ni connus ni pris en compte.
Une enquête, menée l’année dernière par l’ONG Family Health International (FHI), a enfin levé cette chape de silence à la grande stupeur de la communauté homosexuelle qui ignorait totalement faire partie des groupes à risque.
L’étude révèle, en effet, qu’à Hochiminh-ville, localité parmi les plus touchées par le virus, 8 % des MSM en sont atteints.
"Les établissements sanitaires disent que seuls l’usage de la drogue par piqûre et les relations sexuelles avec les prostituées peuvent transmettre la maladie.
Du coup, les ’pédés’ comme nous étions persuadés être à l’abri vu que nous avons très peur de la drogue et que nous n’entretenons jamais de rapport avec les prostituées", témoigne un MSM qui tient à rester anonyme.
Les homosexuels seraient pourtant deux fois plus nombreux au Vietnam que les prostituées : entre 2 et 7 millions, selon FHI, sur une population de 74 millions.
Ils représentent le deuxième groupe le plus touché par le VIH, après les toxicomanes.
Mais comme leur existence est déniée, ils ne figurent pas dans les statistiques officielles des malades du sida.
La négligence est criante du côté des autorités responsables du secteur et représente un obstacle à la prévention : "Les établissements de consultation et de détection du VIH ne mentionnent même pas les rapports entre personnes du même sexe dans leur questionnaire", déplore Vu Ngoc Bao, un responsable du FHI.
Le ministère de la Santé vient ainsi de publier, avec UNAIDS, une évaluation selon laquelle le Vietnam ne compterait que 263 000 séropositifs, un chiffre inférieur à la réalité. Selon ce rapport, 3 000 à 5 000 hommes sont infectés chaque année à l’occasion de relations avec des prostituées, 33 % des drogués sont séropositifs, suivis des prostituées, porteuses du virus pour 16 % d’entre elles.
Convaincus jusqu’à présent qu’ils ne courent aucun risque de contamination, les homosexuels ne veulent pas entendre parler de relations protégées.
Thai, un MSM de 25 ans, en sait quelque chose. Il raconte sa triste histoire : "Quand j’ai commencé à m’habiller en fille et à me maquiller, ma mère a beaucoup pleuré. Mon père me battait. J’ai alors quitté la maison et l’école car mes amis se moquaient de moi. Sans diplôme et rejeté par la société, il me reste une seule voie : me vendre. Cela ne me rapporte pas gros et en plus mes clients refusent d’utiliser le préservatif. Je ne peux pas les forcer."
Clubs gays contre le sida
Toutefois, un changement commence à se fait sentir quelques mois à peine après la publication du rapport. Le comité de prévention et de lutte contre le VIH/sida de Hochiminh-Ville vient d’appuyer la création d’un club de gays contre le sida.
"Nous contactons d’autres MSM pour leur expliquer les risques de contamination.
Entre nous, c’est simple de parler de tout. Ce club nous permet en plus de vivre comme nous sommes", confesse l’un des membres.
Des lieux semblables se sont ouverts tout récemment à Hanoi et à Nha Trang.
Leurs membres sont chargés de distribuer des préservatifs aux MSM ce qui heurte encore les autorités. Celles-ci persistent à considérer que cela favorise les fléaux sociaux. Le Comité de prévention de Hochiminh-ville délivre donc une attestation aux membres des clubs MSM, censée les protéger des tracasseries des autorités…

Toutes les petites filles sont plus passives, plus tournées vers les grandes personnes alors que les petits garçons sont plus actifs et plus tournés vers la réalité matérielle. C’est juste ! Mais ce n’est pas inné, c’est bel et bien inculqué. Dès le berceau !