« Les états généraux de la sécurité à l’école, c’est une manifestation politique qui a voulu s’entourer d’un conseil scientifique, libre de sa parole. Nous sommes là pour faire le point sur ce que dit la recherche.
Ensuite, ce sera au politique de répondre », explique Eric Debarbieux.
Dans la lettre de mission au conseil scientifique, Luc Chatel a insisté sur deux piliers, « la sécurité » et « la prévention ».
Il a chargé de former, avec une instance interministérielle (la Justice, l’Intérieur, la Politique de la ville, la Famille et la Jeunesse sont associés) un comité de pilotage et de suivi pour organiser les débats et suivre les préconisations issues de ces travaux.
Dix thèmes ont été retenus, « plutôt dans l’éducatif », souligne Eric Debarbieux , une manière sans doute de rassurer ceux qui craignent une limitation des débats au tout sécuritaire.
Ni Putes Ni Soumises tient à souligner, puisque l’heure est enfin à la considération des violences honteuses qui prennent de l’ampleur au sein de l’école de la république, les principaux angles d’amorce qui permettent de comprendre et combattre le phénomène.
D’autant plus qu’aujourd’hui, nous avons appris avec horreur le calvaire et les menaces subies par une jeune fille dans l’Essone, ce depuis qu’elle a porté plainte avec courage pour viol collectif.
Dire NON à la violence, au péril de sa vie ? C’est inacceptable.
Un constat accablant, certes. Mais qui ne se limite pas aux enceintes du lycée, c’est la première chose à comprendre. La violence s’y invite pernicieusement, certes, mais c’est parce qu’elle possède en amont une très inquiétante marge de manœuvre à l’extérieur.
Donc combattre la violence à l’école, c’est la cerner et lui réserver un traitement égal à l’extérieur, où elle évolue depuis trop longtemps.
Les piqûres de rappel et les mesures de sanction sont nécessaires mais ne constituent pas le fond de l’engagement politique.
La prévention elle même doit être construite sur des directives fermes et reconnues : l’éducation au respect en constitue le pilier. Mariam Touré a manifesté à cet égard l’importance de l’éducation au respect fille/garçon, qu’elle explique et soumet durant chaque intervention scolaire, et qui a le mérite d’intéresser particulièrement des jeunes nourris de préjugés.
La réussite éducative, mesure entreprise par la Politique de la ville, est une mesure que la France doit amplifier autant que possible, car les résultats et les témoignages de proviseurs le prouvent : elle fonctionne.
C’est ici la clef du combat contre les violences commises en milieu scolaire : il faut les anticiper de manière collective ( l’éducation au respect) et individuelle ( il est indispensable de maintenir les classes de dix élèves quand il s’agit de jeunes en marge du système scolaire).
Le Sur mesure d’une part et l’application de programmes collectifs d’une autre.
L’éducation au respect, la prévention des violences, notamment des violences faites aux femmes, participent du projet de société que nous devons élaborer maintenant, dans le cadre de la grande cause nationale.
Puisque nous nous accordons tous pour souligner l’urgence de la situation, il faut s’engager ensemble dans la lutte de toutes les formes de violences, et encourager ceux et celles qui parviennent à dire NON.

