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Viols collectifs : Une gifle adressée à tout notre pays

Aux Ulis, une jeune fille a été victime de viols collectifs.
Dans la cave de son quartier, elle est ainsi devenue l’objet sexuel de ses propres amis d’enfance.
Depuis qu’elle a porté plainte, elle et sa famille sont insultées, menacés, au point de devoir fuir la ville.
Sa meilleure amie est persona non-grata au collège car « collabo ».
La réalité est dure à entendre, mais doit être dite.
Elle doit éclater car, et ce n’est pas habituel, des habitants ont souhaité mettre un terme à cette ambiance délétère de non-dits, de rumeurs.
La loi du silence est à son apogée, et pourtant, une brèche s’entrouvre pour la briser. C’est pourquoi le Mouvement Ni Putes Ni Soumises soutient la marche.
Ni Putes Ni Soumises parce que lorsqu’une fille a peur de rentrer chez elle, c’est toute la société qui est effrayée.
Ni Putes Ni Soumises parce que lorsqu’une famille ne veut pas dénoncer pour ne pas avoir les représailles, c’est toute la société qui se terre dans le mutisme.
En menaçant cette jeune fille des Ulis, c’est une gifle qui est adressée à tout notre pays.

Viols aux Ulis | JM Ballo : “Je suis profondément révolté”

19 avril 2010
C’est aux Ulis, dans l’Essonne, que travaille monsieur Ballo, en tant que chef de service éducatif. C’est dans cette même cité que Fatou et sa famille, il y a quelques jours, ont été victimes de représailles violentes –cocktail Molotov au seuil de leur porte, menaces, intimidations – parce qu’ils ont osé porté plainte pour viol collectif, parce qu’ils ont osé brisé cette loi du silence immonde, pernicieusement ancrée dans les mentalités.

Monsieur Ballo, habitué à faire le lien entre des familles fragilisées et les institutions, à combattre les violences faites aux femmes depuis les années 1990 – il obtient jusqu’à 1999 douze décohabitations pour douze femmes victimes de maris polygames- nous livre ses analyses sur l’affaire.

NPNS : Monsieur Ballo, quel rôle endossez- vous dans cette affaire de viol collectif, et quels liens entretenez-vous avec toutes les parties concernées (familles, institutions, bourreaux) ?

JM Ballo : Je me suis attelé en premier lieu à rassurer la famille, et à leur faire comprendre que nous ne les laisserions pas « galérer » seuls, négligés par les leurs interlocuteurs précédents.
Avant de venir vers moi, ils avaient passé plusieurs journées cauchemardesques à chercher de l’aide, sans trop savoir où aller, à se faire renvoyer par des structures soit disant « inadaptées » à les aider.
A partir de ce moment, je ne les ai pas lâchés.
J’ai contacté immédiatement Madame Pouteau, représentante du préfet de l’Essonne dans les Ulis. Ensemble, nous avons entamer la démarche : contacté le collège pour signaler l’absence à venir des enfants de la famille, cherché au plus vite les institutions capables de trouver un logement immédiat – c’est toujours en cours aujourd’hui, nous attendons- , mis à disposition des parents et de la victime un soutien psychologique, j’ai pris personnellement la responsabilité de leur courrier et je les appelle constamment pour m’assurer qu’ils tiennent le coup.
Je suis également allé voir les garçons accusés du viol.
Je les connais, ici, tout le monde se connaît.
Effectivement, ce sont des jeunes désociabilisés, déscolarisés, mais cela n’excuse en RIEN leurs comportements.
Ce sont des criminels et ils seront soumis à la loi, et la loi ne négocie pas avec les criminels.
Je leur ai dit qu’ils paieraient et que leur conduite d’intimidation était très grave. Je suis profondément révolté
.

NPNS : Et pourtant cette affaire n’est pas marginale, les viols collectifs dans les caves de la cité, combien de femmes l’ont vécu, en silence ?

JM Ballo : vous avez raison. Nous avons déjà eu quelques affaires du type aux Ulis. Mais je ne veux pas diaboliser cette cité, où les habitants sont globalement très solidaires des victimes, où nous avons fait énormément pour l’intégration des jeunes, à leur insertion professionnelle, dont nous avons eu souvent des résultats formidables.

NPNS : Raison de plus pour éradiquer cette violence qui parasite le climat social… Et pour se mobiliser. Nous participions à une grande marche de soutien à la famille contre ces pratiques inacceptables et sauvages samedi dernier. Que pensez – vous de cette action ?

JM Ballo : Comme vous, je suis scandalisé, et je soutiens votre marche. Cela dit, je m’attelle comme vous aux réformes de fond, et moins à la forme Mais je reconnais que la visibilité est essentielle pour bousculer les institutions, parce que je le dis et le répète, il y eu de graves dysfonctionnements dans cette affaire.

NPNS : En tant qu’acteur de terrain, quelle clefs permettraient selon vous d’éradiquer cette violence ?

JM Ballo : Vous savez, j’ai été professeur d’EPS, éducateur spécialisé, conseiller municipal dans la dernière mandature pour le Front de Gauche, président actuel et fondateur de l’association « Nouveau Pas », tout cela aux Ulis. Je connais ma ville, et je crois dans sa capacité de progresser, encore.
Mais comme on dit chez moi, au Mali, « un seul pied ne peut faire un seul chemin ».
Il faut revaloriser les jeunes, je dis même il faut miser sur le RENARCISSISME des jeunes.
Je crois à la prévention spécialisée, aux ateliers sportifs, aux activités de loisir organisées en fonction des goûts et de la personnalité d’un jeune. J’ai souvent d’excellents rapports avec les enseignants, bien plus soucieux de l’équilibre psychique de leurs élèves qu’on ne voudrait le croire. Je crois à la médiation culturelle, aux échanges.
Je mise sur l’intégration des familles, sur l’alphabétisation primordiale. Pour permettre aux parents de suivre leurs enfants. On me dit « parents démissionnaires », je réponds « non, parents démunis  ».

Toutes ces phases sont nécessaires, et je les ai placées au cœur de mon association.

Entretien réalisé par Solène Chalvon

NPNS déterminé à briser la loi du silence : des Ulis a Paris En bus contre les violences faites aux femmes

Assez de la loi du silence ! Aujourd’hui, en France, au 21ème siècle, des filles continuent à subir les viols collectifs, à être victimes de la loi du plus fort, à être condamnées à mort. Celles qui osent parler subissent des représailles et sont obligées de fuir avec leur famille.

Il est urgent de briser l’omerta qui condamne encore trop de femmes.
D’encourager les voisins, les parents, les adultes à prendre leurs responsabilités pour dénoncer la violence.
Nos quartiers populaires ont aussi le droit à la sécurité, au respect et à la solidarité. La violence ne doit plus être une fatalité.

Occuper le terrain contre la peur, c’est ce que nous ferons samedi 17 avril 2010. En bus aux couleurs du Mouvement, nous traverserons les Ulis et Paris pour recueillir les témoignages, les coups de gueule et les doléances de tous ceux qui refusent l’omerta.

Nous irons à la rencontre des habitants aux Ulis. Aux Ulis, Fatou 14 ans a été victime de la barbarie ; violée en réunion dans des conditions atroces, à plusieurs reprises entre décembre et avril 2010.
Aujourd’hui, grâce au soutien de son père, elle porte plainte contre cinq mineurs. Briser la loi du silence, lui a valu, à elle et sa famille d’être menacée et de devoir fuir son quartier. Ni Putes Ni Soumises accompagnera la marche silencieuse qui rend honneur au courage de cette jeune victime.

Dans le 15ème arrondissement de Paris, nous marcherons en soutien à la mère et aux amis de Sarah, 19 ans, victime de violences faites aux femmes et morte dans des conditions obscures. Sarah avait alerté. Sarah est morte au coeur de Paris mais dans l’anonymat.

« Se taire, fuir ou mourir ? Les filles des quartiers populaires et des centres villes doivent être protégées. En laissant pourrir la situation, on entretient la loi du silence et on condamne encore plus les filles à la loi du plus fort. Parler c’est faire reculer la violence ! » Déclare Sihem HABCHI, présidente du Mouvement Ni Putes Ni Soumises.

le prénom a été changé afin de protéger l’anonymat de la victime
www.niputesnisoumises.com

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Citations

"Je me croirais le plus heureux des mortels, si je pouvais faire que les hommes pussent se guérir de leurs préjugés" Montesquieu

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