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Virginie Despentes couronnée par le Renaudot pour « Apocalypse bébé »

Têtu par Rédaction (avec agence) 08 novembre 2010

La romancière lesbienne a reçu lundi le prix Renaudot pour son dernier roman, qui mettait notamment en scène une détective homo charismatique.

La subversive romancière et réalisatrice Virginie Despentes a été sacrée par le prix Renaudot pour Apocalypse bébé (Grasset), un feu d’artifice ironique entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne.

Les jurés du Renaudot ont consacré l’égérie underground ouvertement homo au 11ème tour par 4 voix contre trois à Simonette Greggio pour Dolce Vita 1959-1979 (Stock).

Son livre, Apocalypse bébé, attendu depuis quatre ans, est un thriller décalé, un « road-book » entre Paris et Barcelone, dont la narratrice est une de ces « looseuses » chères à la romancière.
Près de quarante ans, mal payée et mal dans sa peau, Lucie est employée par une agence de détectives privés.
Un jour, une adolescente qu’elle surveille (c’est sa spécialité) disparaît.
Pour retrouver la jeune Valentine, elle demande l’aide d’une baroudeuse, « La Hyène », une lesbienne passablement diabolique et terriblement charismatique.
D’autres personnages atypiques croisent sa route et composent le portrait d’une époque égarée.

Le scandale Baise-moi

Virginie Despentes est vendeuse au rayon librairie d’un Virgin Megastore à Paris lorsque paraît en 1993 son premier roman au titre et aux contenus provocateurs, Baise-moi, refusé par de nombreux éditeurs et publié chez Florent-Massot.
Sept ans plus tard, elle en fera une retentissante adaptation cinématographique, en collaboration avec Coralie Trinh Thi. Le film fait scandale.

Avant d’être vendeuse, la jeune Nancéienne, née le 13 juin 1969, a enchaîné les petits boulots.
Prostituée via le Minitel, dans un salon de massage et des peep-shows, elle a aussi été pigiste pour des magazines rock et pornos.
Après son deuxième roman, Les chiennes savantes, en 1996, elle rejoint les éditions Grasset chez qui elle publie en 2001 Les jolies choses, livre adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner, avec Marion Cotillard, puis Teen Spirit et Bye bye Blondie.
Elle réalise actuellement l’adaptation au cinéma de Bye Bye Blondie (dont les héros, un homme et une femme hétéros, sont devenus des lesbiennes dans l’adaptation cinématographique !) avec un duo qui donne très envie : Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart.

Virginie Despentes a aussi brillé avec son essai autobiographique King Kong Théorie, qui a fait l’effet d’une bombe à sa sortie en 2006 et s’est vendu à près de 45.000 exemplaires.
Elle y dévoile avoir été violée à 17 ans.
Un viol qu’elle décrit comme « fondateur ».
« Le viol, écrit-elle, est un programme politique précis : squelette du capitalisme, il est la représentation crue et directe de l’exercice du pouvoir ».

Le Renaudot de V. Despentes : ça décape grave !

http://callmejulie.yagg.com/2010/11…

9 novembre, 2010

Pas vraiment un polar. Pas vraiment un récit initiatique.
Ni franchement comédie, ni roman lesbien…
Apocalypse Bébé, le dernier bouquin de Virginie Despentes qui vient, hier, de recevoir le prix Renaudot est un peu tout ça à la fois.
Loin du trash-porn-provoque de Baise-moi, de la satire sociale des Jolies choses ou du féminisme subversif de King King Théorie, Despentes continue de chercher et se renouveler.

L’intrigue et le style nous embarquent comme le ferait un truck américain lancé à tombeau ouvert sur l’autoroute du sud.
Chromes rutilants, couleurs criardes, pneus gonflés à bloc et musique à fond. On trace la route en compagnie d’un tandem improbable de deux détectives privées : une anti-héros, quintessence de la classe moyenne en tout, flanquée d’une lesbienne mi-Shane mi-Lisbeth Salander.
Le tandem, donc, part à la poursuite d’une adolescente fugueuse qui recherche sa mère qui, elle, a choisi de s’en foutre.

Juste, drôle, énergique, incisif et très contemporain, on traverse à toute bombe la société française et on s’emballe jusqu’à ce que les freins de l’engin lâchent.
L’histoire finit dans le mur, un peu comme Thelma et Louise dans le vide.
Sauf que ça arrive un peu vite, un peu too much, et que le titre l’a rendu trop prévisible.

Mais quand même : ça décape grave !

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Citations

"L’homosexualité jouit du triste privilège d’avoir été combattue simultanément pendant ces deux derniers siècles en tant que péché, crime, et maladie. Si elle échappait à l’Eglise, elle tombait sous le joug de la loi laïque ou sous l’emprise de la clinique" Daniel Borillo.

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