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« Votre fils est-il gay ? » : L’application mobile qui fait polémique

Têtu par Jordan Grevet 23 septembre 2011,

Disponible pour les téléphones Android, l’application permet aux mères de « savoir si tout est bien en ordre » avec leur fils à travers une série de 20 questions balayant tous les clichés sur les gays. « Vous avez un doute ? 20 questions pour savoir si tout est bien en ordre avec votre fils ».
C’est par ces quelques mots que l’Android Market, la plate-forme de téléchargement pour les téléphones Google, présente une application qui risque de faire polémique : « Mon fils est-il gay ? ».

Comme son nom l’indique, cette application, disponible en ligne pour la somme de 1,99 euros, propose aux mères inquiètes de faire un simple test sur leur mobile afin de répondre « à la question que vous vous posez depuis peut-être trop longtemps ».
Disponible depuis le mois de juillet, l’application était pour l’instant passée relativement inaperçue jusqu’à ce que des utilisateurs avertissent le site Rue 89, qui relaye aujourd’hui l’information.

« Aime-t-il le football ? »

Si l’éthique d’une telle application et le vocabulaire employé sont déjà discutables, ce n’est rien à côté des questions que renferme ce test, qui balayent tous les clichés possibles et imaginables sur les gays.

Quelques exemples choisis au hasard : « Votre fils fait-il très attention à ses tenues ? », « Aime-t-il le football ? », « S’est-il déjà battu ? », « Lit-il des journaux sportifs ? », « Est-il fan des chanteuses divas (Dalida, Mylène Farmer…) ? », « Reste-t-il longtemps dans sa salle de bain ? », « Met-il du temps à se coiffer avant de se montrer ? », « Aime-t-il les comédies musicales ? »…
Plusieurs autres questions s’intéressent à la relation entre le fils et son père, son enfance et ses relations familiales en général.

« Inutile de vous voiler la face »

L’affront continue au moment crucial des résultats.
Si la mère a répondu que son fils suivait assidûment l’actualité sportive, se moquait de son apparence et se battait régulièrement dans la cour de recré, elle peut souffler un grand coup : « Vous n’avez pas de soucis à vous faire, votre fils n’est pas gay.
Il y a donc de grandes chances pour que vous soyez grand-mère avec toutes les joies que cela procure », rassure l’application.

Mais si maman a eu le malheur de répondre que son rejeton aimait les comédies musicales et les « chanteuses divas », alors là, c’est le drame : « Inutile de vous voiler la face : votre fils est est gay ! Acceptez-le : il est attiré par les garçons comme vous par les hommes ».

« Une vision simpliste, caricaturale et dégradante »

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’application « Mon fils est-il gay ? » est toujours disponible sur l’Android Market mais les associations LGBT commencent à montrer au créneau pour réclamer son retrait.
C’est le cas de l’association suisse Dialogai.

« Cette application donne une image simpliste de l’homosexualité en laissant supposer que l’on peut décider de l’orientation sexuelle d’un jeune homme avec un test de 20 questions plus caricaturales les unes que les autres », s’émeut Dialogai dans un communiqué, ajoutant que l’application « semble vouloir placer l’hétérosexualité au-dessus de l’homosexualité ».

« Nous regrettons qu’en 2011, une telle application puisse exister.
Nous estimons qu’elle véhicule une vision simpliste, caricaturale et dégradante de l’homosexualité masculine et nous demandons son retrait immédiat du marché suisse et international », conclut l’association.

« Mon fils est-il gay ? » : Le créateur de l’application répond aux accusations

Têtu p ar Jordan Grevet lundi 26 septembre 2011,

Après la découverte d’une application mobile proposant aux mères de savoir si leur fils est homo, les associations LGBT ont dénoncé un outil stigmatisant, voire homophobe.
De son côté, l’auteur de l’application se dit « étonné » par ces critiques.

« On tombe dans l’homophobie »

« C’est un outil idiot et odieux, avec des questions caricaturales », a réagi Louis-Georges Tin, du Comité IDAHO.
« Si l’enfant est gay, c’est la catastrophe, sinon, c’est le soulagement », a-t-il analysé, ajoutant que « cela donne un outil de flicage aux homophobes ».

Pour Christine Le Doaré, la Présidente du Centre LGBT de Paris, « C’est stupide et scandaleux ». « C’est très triste que des parents préfèrent télécharger cette application plutôt que de parler avec leurs enfants », a-t-elle argumenté. « Je pense qu’elle va être retirée assez vite, sinon, il va falloir envisager de porter plainte », a-t-elle poursuivi.

« C’est hallucinant qu’on voie encore en 2011 une telle série de clichés, comme s’il y avait une façon d’être gay », a dénoncé de son côté Bartholomé Girard, le président de SOS Homophobie.
Avec le résultat du questionnaire, qui rassure les mères si leur fils n’est pas gay ou leur conseille de ne pas « se voiler la face » s’il l’est, « on bascule dans une hiérarchie des orientations sexuelles, et là, on tombe dans l’homophobie », a-t-il déploré.

« Une approche ludique »

De son côté, Christophe de Baran, le créateur de l’application, s’est dit « étonné » de telles réactions et ne comprend pas pourquoi la polémique a pris autant d’ampleur.
« En quoi serait-ce grave qu’une mère veuille savoir si son fils est gay ? », s’est-il interrogé dans un mail cité par Rue89, ajoutant que son application « a été conçue avec une approche ludique » et ne s’appuie « sur aucune démarche scientifique ».

Au sujet des questions jugées caricaturales, il a affirmé « partir du principe que certains comportements peuvent parfois être déterminants ou révélateurs d’une homosexualité, qu’elle soit cachée ou non ».

« Les applications ne sont pas filtrées »

Un porte-parole de Google France explique que « les applications ne sont pas filtrées avant d’être publiées par les développeurs directement sur l’Android Market », contrairement à la plate-forme de téléchargement d’Apple, qui passe à la moulinette chaque application avant de la rendre disponible aux utilisateurs d’iPhone.

Sur Android, les applications « ne sont retirées qu’après avoir été signalées et revues au cas par cas, ce qui est le cas de cette application, qui est en train d’être revue par nos équipes », ajoute Google, sans toutefois dire si « Mon fils est-il gay ? » sera bel et bien supprimé de la boutique en ligne, ce que réclament les associations LGBT.

Mon fils est-il gay ?

Les associations homos dénoncent une application Android

Des associations d’homosexuels ont dénoncé dimanche une application pour les téléphones dotés du système Android de Google, destinée aux mères qui voudraient savoir si leur fils est gay.

E-llico.com

Mis en ligne le 25/09/2011

A l’issue du questionnaire, deux solutions : "Vous n’avez pas de souci à vous faire, votre fils n’est pas gay" ou "Inutile de vous voiler la face. Votre fils est gay. Acceptez-le, sachez que ce n’est pas un choix de sa part". "C’est un outil idiot et odieux, avec des questions caricaturales", pour Louis-Georges Tin, du Comité IDAHO (International day against homophobia & trans). "Si l’enfant est gay, c’est la catastrophe, sinon, c’est le soulagement", analyse-t-il. Pour lui, "ça donne un outil de flicage aux homophobes". Pour Christine Le Doaré, du centre LGTB de Paris, "c’est stupide et scandaleux". "C’est très triste que des parents préfèrent télécharger cette application plutôt que de parler avec leurs enfants", a-t-elle dit. "Je pense qu’elle va être retirée assez vite, sinon, il va falloir envisager de porter plainte", poursuit-elle. "C’est hallucinant qu’on voit encore en 2011 une telle série de clichés, comme s’il y avait une façon d’être gay", a dénoncé de son côté Bartholomé Girard, de SOS Homophobie. Avec le résultat du questionnaire, "on bascule dans une hiérarchie des orientations sexuelles, et là, on tombe dans l’homophobie", déplore-t-il. Un porte-parole de Google France a expliqué que "les applications ne sont pas filtrées avant d’être publiées sur Android Market", "une plate-forme ouverte sur laquelle les développeurs peuvent publier leurs applis facilement et rapidement". "Elles ne sont retirées qu’après avoir été signalées et revues au cas par cas, ce qui est le cas de cette application, qui est en train d’être revue par nos équipes", a-t-elle ajouté, sans pouvoir dire quand les équipes de Google décideront de supprimer ou non cette application. Mi-septembre, une application du téléphone d’Apple iPhone baptisée "Juif ou pas juif ?", permettant d’avoir une liste de 3.500 personnalités d’origine ou de religion juive, avait suscité l’indignation d’associations antiracistes, avant d’être supprimée.

Google retire de la vente l’application « Mon fils est-il gay ? »

Par Jordan Grevet mercredi 05 octobre 2011,
Après dix jours de polémique, Google a retiré de l’Android Market l’application mobile qui prétendait révéler aux mères l’orientation sexuelle de leur fils grâce à une série de 20 questions balayant tous les clichés sur les gays.

Cela ne semblait être qu’une question de temps.
Après l’indignation générale provoquée par l’application « Mon fils est-il gay ? », qui propose aux possesseurs de téléphones Android de savoir si leur progéniture est homo en répondant à une série de 20 questions toute plus caricaturales les unes que les autres, Google a retiré de la vente l’application et ne la propose plus en téléchargement sur l’Android Market. Une forte mobilisation Dès la découverte de « Mon fils est-il gay ? » par un internaute du site Rue89 il y a dix jours, la nouvelle a fait grand bruit dans les médias, étant relayée dans les journaux et à la télévision.
Outre-Atlantique, l’application a également fait jaser sur la toile et a même été débattue par les présentatrices de The View, un talk show extrêmement populaire aux Etats-Unis et dans laquelle intervient l’actrice Whoopi Goldberg.

Plusieurs pétitions ont circulé sur internet, comme celle du mouvement AllOut.org, qui a recueilli plus de 37.000 signatures.
La semaine dernière, Google a expliqué que les applications n’étaient pas filtrées avant d’être publiées sur l’Android Market et a affirmé que le retrait de « Mon fils est-il gay ? » était en train d’être étudié.

« Mon fils est-il gay ? », le livre

Complètement dépassé par la polémique, le créateur de l’application, Christophe de Baran, a défendu son bébé, affirmant qu’il s’agissait d’une « approche ludique ».
« L’application part du principe que certains comportements peuvent parfois être déterminants ou révélateurs d’une homosexualité, qu’elle soit cachée ou non », a-t-il expliqué, ajoutant que l’application ne s’appuyait « sur aucune démarche scientifique ».

Développeur mais aussi auteur, Christophe de Baran est ouvertement homo et a publié en 2008 un roman intitulé La Raison du cœur, dans lequel il raconte une histoire d’amour entre deux garçons.
Selon son équipe de développeurs, contactée et citée par le site australien SBS, l’application polémique était en réalité un moyen de promouvoir son prochain livre, également appelé Mon fils est-il gay ?, et dans lequel Christophe de Baran « aborde avec humour les moments difficiles auxquels doivent faire face les familles d’enfants homosexuels, comme par exemple le coming out ». Une autre polémique se profilerait-elle ?

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Citations

L’homophobie contribue à la propagation du SIDA dans de nombreux pays : « l’épidémie continuera tant que les homosexuels ne pourront pas réclamer un traitement sans craindre pour leur sécurité ». Elton John.

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