Chris New (« Week-end ») : « On s’est inspiré de notre expérience de l’amour »
Têtu par Louis Maury 07 avril 2012,
Face au succès de ce magnifique film gay dans les cinémas parisiens, les producteurs ont décidé de sortir le film dans d’autres villes.
Rencontre avec Chris New, co-star de cette histoire d’amour gay dans laquelle beaucoup se retrouvent.
Sorti dans seulement deux salles à Paris, le film anglais Week-end mis en scène par Andrew Haigh a réalisé une semaine exceptionnelle avec souvent des salles combles.
C’était cette semaine la meilleure moyenne de spectateurs par copie à Paris !
Face à cet accueil enthousiaste, le distributeur a décidé d’élargir la sortie de ce drame particulièrement touchant en province.
Certaines villes prennent le film en décalé à partir du 11 avril, comme Toulouse, Orléans, Montpellier, Grenoble, Tours, Nantes et Lille.
Après avoir publié un entretien avec le réalisateur Andrew Haigh, TÊTU vous propose de mieux connaître l’acteur anglais Chris New, 30 ans, qui incarne le beau Glen.
TÊTU : Vous êtes l’une des deux révélations de Week-end. La très grande majorité des spectateurs vont vous découvrir avec ce film bouleversant. Qu’aviez-vous fait avant ?
Chris New : Je viens d’une petite ville de la grande banlieue londonienne.
J’ai surtout travaillé jusqu’ici au théâtre et j’ai été élève à la RADA (La Royal Academy of Dramatic Art).
J’avoue que je n’étais pas très tenté par le cinéma. Les tournages ne m’excitaient pas vraiment. J’ai longtemps attendu le metteur en scène qui me surprendrait, me bousculerait. Et Andrew Haigh est arrivé.
Comment avez-vous réagi quand vous avez reçu le scénario de Week-end ?
Andrew a été tout de suite très clair.
Son scénario était très bien écrit, mais il nous a fait comprendre que nous pourrions en discuter ensemble, tester des choses.
C’est pour cela que j’ai de suite voulu m’embarquer dans cette aventure.
Quand les répétitions ont commencé, et qu’une intense complicité est née entre Tom, Andrew et moi, nous avons compris que nous pouvions faire encore plus dans l’épure, la simplicité.
Tout en transmettant des émotions aussi fortes. On a aussi improvisé en puisant dans notre expérience de l’amour. Je pense que c’est la raison pour laquelle le film semble aussi naturel et libre.
Le film et sa force repose entièrement sur le fait que l’on croît d’emblée à l’amour naissant qui vous unit à Tom Cullen (qui incarne Russell, son amant dans le film).
Comment avez-vous travaillé à ce point l’alchimie qui vous emporte ?
Dès les premières répétitions, nous avons été sur la même longueur d’onde. Personne n’essayait de prendre de l’ascendant sur l’autre. D’imposer son jeu.
Je pense aussi qu’en ne connaissant pas auparavant Tom, j’ai pu me jeter à fond dans cette histoire.
Si je l’avais fréquenté avant, nos souvenirs communs, bons ou mauvais, auraient peut-être brouillé la façon dont nous incarnions nos deux personnages.
Week-end a été tourné dans la continuité, à partir de votre rencontre dans le bar ?
C’est la meilleure idée de ce tournage. Notre complicité n’a fait que grandir au fil des jours. La caméra a pu capter tout cela et saisir aussi les doutes et le possible manque que la fin laisse sous-entendre.
Comme un amoureux qui s’en va et qui ne sait s’il reverra un jour l’objet de son affection…
On parle d’une suite ?
Oui, surtout les heureux producteurs. J’aime bien l’idée. Andrew pense nous réunir Tom et moi aux Etats-Unis. Mais je crois qu’il veut en faire une comédie musicale.
Donc il faut que je travaille mes pointes et ma voix. (Rires)
Avec le succès du film, vous avez fait les couvertures de magazine, on ne compte plus les articles consacrés à vous et à votre partenaire. Et on insiste à chaque fois sur le fait que vous êtes homo, et pas lui…
Je ne me suis jamais caché. Car j’ai toujours eu le sentiment que ma sexualité n’était sûrement pas un problème.
On prend ou on laisse. Beaucoup d’acteurs aiment l’idée de créer un mystère autour d’eux. Pourquoi pas. Mais si c’est pour cacher ce qu’ils sont vraiment, je n’en vois pas l’intérêt.
Quand j’étais aux Etats-Unis, un journaliste a essayé de me faire parler de mon mariage. L’attachée de presse m’a poussé à donner quelques détails intimes en me susurrant : « tu verras, on parlera encore plus de toi comme ça. Je lui ai dit d’aller se faire f…. »
Vous feriez la couverture avec votre boyfriend dans un magazine people comme Hello (le Gala anglais) ?
Non, mais après tout, la réponse lui appartient aussi.
Vous ne craignez pas d’être le jeune acteur gay à la mode ?
Je connais ce danger. Je reçois des scénarios aujourd’hui où le seul point fort du personnage que l’on me propose, c’est qu’il soit gay. J’ai eu beaucoup de chance jusqu’ici. J’espère continuer à faire de bons choix. Et éviter ce type de piège.
Qu’a changé pour vous le succès international du film ?
J’ai toujours du mal à réaliser que Week-end fasse une telle carrière, en plaisant autant à un public homo qu’hétéro.
Ce n’est pas de la fausse modestie, mais franchement, quand nous tournions, on se demandait même si le film sortirait en DVD !
J’ai maintenant un agent américain, mais pour l’instant rien ne m’a emballé.
Généralement, Hollywood voit les acteurs anglais en méchants, en pervers, ou en aristos alcooliques.
Un réalisateur américain a osé me dire : « Vous devez être un être sombre et même temps très sophistiqué. Sinon, pourquoi feriez-vous sur du théâtre ? »
Ça m’a laissé sans voix… Je ne suis pas très tenté par la télé non plus.
A moins que je remplace Maggie Smith dans Downton Abbey !
« Weekend » : Une histoire d’amour gay contemporaine portée à l’écran
Têtu par Jordan Grevet 06 septembre 2011,
Deuxième long-métrage du réalisateur britannique Andrew Haigh, « Weekend » raconte comment deux hommes pensant avoir une simple aventure d’un soir finissent par tomber amoureux. Un film accueilli chaleureusement par la critique.
Bien des choses peuvent se passer en un week-end : une rencontre dans un bar, une partie de jambes en l’air et même une histoire d’amour.
C’est le sujet du film Weekend, qui raconte comment deux jeunes homos qui croyaient vivre une aventure sans lendemain finissent par partager bien plus que du sexe.
Russell (Tom Cullen, ci-dessus à gauche) et Glen (Chris New, à droite) se rencontrent dans une boîte de nuit un vendredi soir juste avant la fermeture. Après quelques verres, ils se retrouvent - inévitablement - dans le même lit.
C’est le début de 48 heures durant lesquelles les deux amants ne se lâchent plus. Entre sexe, alcool, drogue et confidences sur l’oreiller, Russell et Glen apprennent à se connaître et finissent par ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre.
« Une histoire d’amour vraie et honnête »
« Le film parle de quête identitaire et de l’importance de s’investir pleinement et passionnément dans sa vie. Il s’agit d’une histoire d’amour vraie et honnête entre deux hommes et un film sur le combat universel de tout un chacun pour trouver l’authenticité sous toutes ses formes » explique Andrew Haigh, qui signe avec Weekend son deuxième long-métrage.
En 2009, le réalisateur britannique s’était déjà penché sur la question de l’homosexualité avec Greek Pete, qui racontait l’histoire d’un escort boy gay à Londres.
« Dans Weekend, la rencontre entre les deux personnages change radicalement leur vie », déclare de son côté l’acteur Tom Cullen dans les colonnes du magazine gay américain Out.
« Et tout tient à ce week-end décisif. Parce qu’ils savent que leur histoire a une fin pré-établie et qu’ils ne se reverront jamais par la suite, ils se lâchent complément et se livrent l’un à l’autre sans aucune restriction ».
Accueil chaleureux
Tourné en seulement deux semaines dans la ville anglaise de Nottingham, Weekend a reçu un accueil particulièrement chaleureux.
En mars dernier, il a obtenu le prix du public au Festival du film de SXSW à Austin et a remporté en juillet le prix du jury à l’Outfest, le festival du cinéma gay et lesbien de Los Angeles.
Les critiques ne tarissent pas non plus d’éloges à son sujet, applaudissant l’authenticité du film dans sa manière de dépeindre l’amour, le sexe et l’intimité entre deux hommes. « Une relation homosexuelle tout à fait contemporaine », résume le New York Times.
Fort de ces critiques élogieuses, Weekend sortira dans une poignée de salles américaines le 23 septembre prochain avant de (re)traverser l’Atlantique pour une sortie au Royaume-Uni prévu pour le 4 novembre.
Le film aura également droit à une exploitation dans les cinémas français à l’automne, puis en DVD, grâce au distributeur gay et lesbien Outplay.
« Week-end », le film gay événement
Têtu par Pascal Parvis 03 mars 2012,
Ce drame romantique sur la rencontre de deux gays résonnera de façon très familière à beaucoup d’entre nous…
TÊTU, partenaire du film, vous propose d’en découvrir la bande-annonce sous-titrée en Français.
Double bonne nouvelle : on dispose enfin d’une bande-annonce sous-titrée en Français, ainsi que d’une date de sortie, pour Week-end, le film du britannique Andrew Haigh dont on vous parlait dès l’autome dernier.
Rappelons qu’il s’agit d’une histoire très moderne, à laquelle beaucoup de gays pourront s’identifier.
Après une soirée arrosée avec ses amis hétéros, Russel (le beau bear Tom Cullen) se rend dans un club gay.
Juste avant la fermeture, il fait la connaissance de Glen (Chris New).
Et ce qui devait n’être qu’un plan d’une nuit devient, le temps d’un week-end, quelque chose d’autre… une rencontre qui leur révèlera beaucoup sur eux-mêmes.
Excellent accueil
Le film a déjà recueilli de nombreuses récompenses (meilleur film au festival de Nashville et meilleur acteur pour Tom Cullen, et des prix aux festivals gays de Los Angeles, San Francisco, Oslo) et des critiques enthousiastes (94% sur le site Rotten Tomatoes).
TÊTU sera partenaire de ce très bon Week-end, qui sortira le 28 mars dans les salles françaises.
Gageons qu’on n’a pas fini d’en entendre parler…
Andrew Haigh, réalisateur de « Week-end » : « Les sujets qui touchent les homos ont changé en même temps que la société »
Publié par Yagg |
http://yagg.com/2012/03/28/andrew-h…
Ce mercredi 28 mars sort sur les écrans Week-end, d’Andrew Haigh, un film que vous avez pu découvrir en avant-première au Jeudi, c’est gay-friendly ! de Yagg jeudi dernier.
Acclamé par la critique et couvert de prix dans de nombreux festivals (Los Angeles, San Francisco, Toronto…),
Week-end raconte l’histoire d’une rencontre toute simple entre deux gays, une aventure d’un soir qui va se révéler beaucoup plus importante pour les deux personnages…
Andrew Haigh (photo ), cinéaste britannique qui signe ici son deuxième film après l’épatant documentaire Greek Pete, en dit plus pour Yagg. Interview.
Andrew, peux-tu nous parler de ce que tu as fait avant Week-end ?
Andrew Haigh : J’ai étudié l’histoire à l’université et passé beaucoup de temps à travailler dans l’industrie du cinéma. J’ai eu plein de métiers mais principalement comme assistant-monteur sur de nombreux films, quelques-uns très importants comme Gladiator [de Ridley Scott], d’autres plus petits et plus indépendants.
J’ai aussi pris du temps pour passer un an à suivre des cours de réalisation à Los Angeles. Pendant tout ce temps, j’ai également réalisé pas mal de films courts qui ont parcouru les circuits festivaliers.
Dans Greek Pete, ton long métrage documentaire qui suivait un an de la vie d’un escort boy gay, il y a à la fin une sorte d’histoire d’amour salvatrice, et dans Week-end, c’est le début d’une histoire d’amour. Es-tu un romantique ?
Je ne dirais pas que je suis spécialement romantique. Je pense que je suis assez réaliste.
Je crois que les gens peuvent se connecter les uns aux autres et peuvent ainsi s’offrir mutuellement des choses qui les rendent heureux. Mais je ne crois pas à la fatalité et au fait que chacun soit destiné à une personne, ce qui est pour moi un peu ce que la romance veut dire aujourd’hui pour beaucoup de gens.
Est-ce que les sujets comme le coming-out ou l’homophobie sont encore des enjeux pour toi et l’étaient-ils dans l’écriture de Week-end ?
Je pense que les sujets qui touchent les homos ont changé en même temps que la société.
Le coming-out, l’homophobie, sont toujours des sujets qui garantissent la discussion et l’exploration mais je voulais les traiter ici d’une façon différente.
Ce n’est pas un film sur ces sujets mais leur ombre porte sur le déroulement des événements et sur les personnages comme c’est le cas sur les gays en général.
La boîte de nuit de la rencontre initiale ne semble pas être un club branché, la drogue est un élément de facilitation de la parole plus que de fête et de danse… Comment as-tu évité les clichés et le jugement moral ?
Je pense que je ne suis une personne qui juge. Les gens sont complexes et imparfaits et ils essaient de vivre leur vie le mieux qu’ils peuvent.
Je pense qu’une fois qu’on comprend cela, on ne ressent plus le besoin de juger. J’aime aussi adopter un point de vue objectif dans mes films.
Je veux que le public se fasse son propre avis sur les personnages.
Je les lui présente tels que je les vois et le laisse décider s’il est d’accord ou pas avec les motivations exprimées.
J’imagine que quelqu’un qui a le jugement facile pensera que les personnages prennent trop de drogue mais cela nous en apprend plus sur le spectateur que sur quoi que ce soit d’autre !
Comment as-tu travaillé avec les deux comédiens ? Y a-t-il eu des scènes improvisées ? Comment ont-ils construit cette intimité ?
On a bien sûr utilisé des éléments d’improvisation mais plus que cela, il fallait, comme tu dis, créer une intimité entre eux et cela n’apparaît pas juste comme ça.
Nous avons eu à la faire exister. Ils ont dû être ouverts et honnêtes l’un envers l’autre, être préparés à essayer tout ce qui leur passait par la tête sans avoir peur de faire des erreurs.
Il faut toujours laisser les personnes apporter leurs propres idées, elles sont toujours meilleures que les siennes.
Quels sont tes projets ? Une fiction ? Tout est top secret !
CHRIS NEW : « C’ÉTAIT UN ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL IDÉAL »
Yagg a également interviewé Chris New, l’un des deux acteurs principaux (avec Tom Cullen) de Week-end.
Chris, comment as-tu réagi à la première lecture du scénario de Week-end ?
Chris New : À la première lecture, ce qui était très clair, c’est à quel point c’était brillamment écrit. Au-delà de l’intérêt du sujet, il était évident qu’Andrew était très talentueux et que j’avais très envie de le rencontrer.
Le sujet m’attirait beaucoup. Je n’avais jamais lu un script qui concernait à ce point les gays mais, qui en même temps, ne se limitait pas à être un script gay ! C’était juste un super script pour ce qui promettait de devenir un super film !
Comment as-tu appréhendé ce premier rôle pour le cinéma ?
J’ai été diplômé d’une école d’art dramatique en 2006 et j’ai principalement joué au théâtre depuis lors avec beaucoup de plaisir et de chance. J’ai toujours eu envie de faire un pas vers le cinéma car j’ai toujours adoré les films, mais le théâtre est plus instinctif et me convenait mieux en tant qu’acteur.
Avant de rencontrer Andrew, je n’avais jamais vraiment trouvé un scénario que je trouvais parfait pour moi ou un réalisateur avec qui je sentais une connexion assez forte. Heureusement, j’ai interprété quelques rôles pour la télévision qui m’ont permis de m’entraîner et de comprendre comment les choses se tournaient donc j’avais cette expérience qui m’a aidé à être confiant. J’ai maintenant 30 ans et je m’améliore avec l’âge !
Comment as-tu travaillé pour créer cette intimité avec Tom Cullen, ton partenaire dans le film ?
La connexion de jeu avec Tom était présente dès notre première lecture commune. C’était une connexion heureuse et simple. Pendant le tournage, nous sommes au maximum restés chacun de notre côté, ce qui nous permettait d’être tous les deux extrêmement concentrés pendant le jour J. Il fallait rester le plus détendu possible. Andrew et Tristan, le prodcuteur, ont rendu tout cela facile par la façon qu’ils ont eu de décider de chaque élément du tournage : l’équipe réduite, le choix des personnes, l’ambiance qu’ils ont mis sur le plateau, c’était un environnement de travail idéal.
T’es-tu retrouvé dans cette histoire ?
Je ne suis pas vraiment comme Glen mais je comprends son point de vue et sa façon d’être. C’est un fan de Morrissey et tous ceux qui écoutent Morrissey sauront ce que je veux dire par là…
Quels sont tes projets ?
Je ne sais pas encore quand je referai un film, mes décisions dépendent des scenarii. Je suis retourné sur scène depuis Week-end et je me fais plaisir. Le théâtre, c’est mon terrain de jeu et, par chance, j’en vis. J’apprends tellement en jouant tous les soirs. C’est mon « chez moi ». Ce qui signifie également que, lorsque le prochain scenario génial arrivera, je serai en condition et prêt à l’aborder au mieux
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