Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Le film est une histoire largement autobiographique.
Le père du héros s’est autorisé à vivre son homosexualité cinq ans avant sa mort.
Un coming out annoncé en trois mots après la mort de la mère : "I’m gay".
Le fils reprend le fil d’une histoire familiale complexe…
E-llico.com Mis en ligne le 10/06/2011

Une vie bancale entre les collines de Los Angeles, suspendue entre les disparus et les vivants.
A moins que ce ne soit pour les protagonistes de "The Beginners", le début du reste de la vie.
Cinéaste, d’abord artiste et graphiste, Mike Mills a demandé à Ewan McGregor d’entrer dans sa peau et placé la so french Mélanie Laurent dans celle de sa petite amie, avec laquelle un nouveau jour sera, peut-être, enfin possible.
Car l’histoire est largement autobiographique : dans le film, Oliver vient d’enterrer son père, Hal, et de récupérer son chien philosophe, Arthur.
Les cinq dernières années de sa vie, le vieil homme s’était enfin autorisé à vivre son homosexualité, annoncée en trois mots après la mort de la mère : "I’m gay".
Dans la vraie vie, "ma mère est morte en 1999, mon père a alors fait son coming out, à l’âge de 75 ans, et il est mort d’un cancer cinq ans plus tard", confie le réalisateur à l’AFP.
Au fils de faire le tri. Après avoir veillé sur la solitude de sa mère et la deuxième vie de son père : "Quand vous grandissez dans une famille pareille, vous vous demandez à jamais ce qui est vraiment réel".
"Ce film, poursuit-il, est entre l’autofiction et l’autobiographie.
Mais je voulais absolument éviter d’écrire des mémoires, d’encombrer les acteurs avec le fardeau de mon père ou le mien.
Ils devaient s’adresser au public, pas à moi".
Dans le rôle de vieil amant amoureux, épanoui et joyeux jusqu’au déni du mal qui l’emporte, Christopher Plummer, entouré jusqu’au dernier souffle de ses copains enthousiastes, fait merveille.
D’autant plus déroutant pour son fils, bouleversant Ewan McGregor, qui se coltine seul le poids du réel et la mort qui vient.
"Ca, c’est tout à fait mon père : les gens de cette génération, née dans les années 20, étaient particulièrement forts pour le déni", estime Mike Mills.
On rencontre Oliver alors qu’il vide et ferme la maison paternelle, recueillant chez lui Arthur, chien philosophe et observateur finaud des sentiments humains.
Peu de temps après, traîné par ses amis dans une fête, le jeune homme tombe sur Anna, actrice française de passage incarnée par Mélanie Laurent qui, la première, parvient à l’extraire de son deuil.
Anna aussi a ses blessures et le couple qu’elle forme avec Oliver avance en cahotant sur la route des sentiments.
Comme des débutants sur des patins instables.
Outre le montage très graphique du film, habillé de nombreux dessins de Mike Mills puisque son personnage exerce aussi le métier d’illustrateur, l’une des trouvailles consiste à pénétrer la pensée du chien Arthur au travers de sous-titres.
"Dans cette histoire, le chien est le seul qui ait connu les trois protagonistes, le père, Oliver et Anna. Arthur est en quelque sorte l’esprit du père", traduit le réalisateur.
Têtu par Romain Charbon 15 juin 2011,
INTERVIEW. C’est sa propre — et folle — histoire que Mike Mills a mis en scène dans « Beginners ».
Ou comment son père est sorti du placard après la mort de sa mère pour profiter de la fin de sa vie. Souvenirs.

Mike Mills, connu jusqu’ici surtout comme réalisateur de clips, prend la voie autobiographique et raconte dans Beginners, avec les ravissants Ewan MacGreggor et Mélanie Laurent, comment le coming out de son père à 75 ans a changé sa vie. Rencontre avec un hétéro content d’avoir eu un papa gay.
TÊTU : Comment s’est passé le coming out de votre père ?
Mike Mills : Ma mère venait juste de mourir et moi je l’aidais pour toute sorte de choses de la vie quotidienne.
Il se sentait très vieux, je l’aidais à marcher, à faire la cuisine.
Quand vous êtes le fils d’un veuf, vous avez surtout peur de voir dépérir votre père et qu’il sombre dans la tristesse.
Mais après son coming out, ça a été tout le contraire. Sa sortie de placard signifiait « je ne suis pas fini, je veux faire encore plein de choses dans ma vie ».
C’était principalement positif, nous nous sommes beaucoup rapprochés pendant cette période.
J’étais très heureux car il était très vivant.
Le côté triste c’était de se dire mais « où était-il avant ? », pendant mon enfance et le reste de ma vie.
C’était comme une renaissance ?
Absolument. Tout d’un coup il est redevenu un ado de 16 ans
Ma mère savait qu’il était homo et elle lui a dit « je vais régler ça »
Dans le film, la mère dit qu’elle a dû laisser sa part juive pour se marier avec le père, alors que lui a dû abandonner son homosexualité. C’est une sorte de contrat qu’ils ont vraiment fait ?
Mon père m’a vraiment raconté ça, et c’est à ce moment-là que je me suis dit que je devais en faire un film.
Mes parents étaient très compliqués et je ne comprends toujours pas encore leurs choix.
Ils se connaissaient depuis le lycée. Quand ils ont eu 18 ans ils ont été embarqués dans la deuxième Guerre Mondiale.
Ma mère était une femme très forte, elle était pilote pendant la guerre !
Beaucoup de gens pensaient qu’elle était lesbienne. Elle a ensuite demandé mon père en mariage, alors qu’elle savait qu’il était homo et elle lui a dit « je vais régler ça ».
Car mon père ne voulait pas être homo, il avait peur à l’époque. C’est une histoire très classique, il est allé chez le psy qui lui a dit qu’il avait une maladie mentale.
Mais ils se sont mariés et sont restés ensemble 44 ans, c’est fou !
Je continue à ne pas comprendre.
Quel est votre regard sur l’adoption par des couples gays ?
C’est triste et ridicule que ce soit un problème pour beaucoup d’Américains qui utilisent le mariage comme un terrain sacré auquel les gays n’auraient pas le droit. C’est rétrograde.
Les gays ont absolument le droit au mariage et à l’adoption.
Mon père était encore vivant quand le débat sur le mariage gay commençait.
Et lui me disait : « mais pourquoi veulent-ils se marier ? », car il avait été marié plus ou moins pour de faux pendant 44 ans.
Il n’était pas vraiment pour le mariage gay mais il n’était surtout pas pour le mariage en général.
Mais c’est un choix que chacun devrait pouvoir faire.
La morale c’est que son coming out a été la meilleure chose qui ait pu lui arriver dans sa vie ?
En tout cas c’est la meilleure chose qui ait pu arriver dans ma relation avec lui. Mon père gay m’a beaucoup plus appris sur l’amour, le sexe, les relations amoureuses, que mon père hétéro.
Dans « Beginners », Ewan McGregor voit sa vie bouleversée par le coming out de son père joué par Christophe Plummer.

Christopher Plummer et Ewan McGregor. Ébranlé par la mort de son père, un dessinateur tente de comprendre ses échecs amoureux en se rappelant son enfance, son lien avec une mère étrange et le coming-out de son père à 75 ans. Une belle réflexion sur comment refaire sa vie, à n’importe quel âge.
Olivier (Ewan McGregor) rencontre Anna (Mélanie Laurent), une femme irrévérencieuse et imprévisible, des mois après le décès de son père, Hal (Christopher Plummer).
Cette nouvelle rencontre inonde Olivier de mélancolie et l’amène à se souvenir de son père qui, après 44 ans de mariage, est sorti du placard à 75 ans pour vivre son homosexualité.
Ces nouveaux bouleversements dans la vie de Hal ont amené le père et le fils à se rapprocher comme ils ne l’avaient jamais été. Maintenant Oliver essaie d’aimer Anne avec tout le courage, l’humour et l’espoir que son père lui a appris… En adaptant sa propre histoire, Mike Mills aurait pu tomber dans le pathos ou l’excès. C’est l’inverse.
Un Ewan McGregor vraiment craquant

La réalisation est stylisée, le ton intimiste et les acteurs (Ewan McGregor est vraiment craquant en amoureux maladroit et fils aimant) sont en pleine possession de leur art. Ils portent ce film lumineux. Christopher Plummer, un grand acteur canadien injustement méconnu en Europe, se révèle également particulièrement touchant. Et on sera surpris de revoir un ex-médecin de Urgences, Goran Vijnic, dans un rôle inattendu… Celui d’un amant. Une double love story à ne pas manquer !
Un film de Mike Mills
Avec : Ewan McGregor, Christopher Plummer, Mélanie Laurent, Goran Visnjic.
Genre : drame. Durée : 1h44.
Têtu par Louis Maury 17 janvier 2012,
Celui qui interprétait le père d’Ewan McGregor, sortant du placard sur le tard, a été récompensé dimanche d’un Golden Globe.
« Je n’ai pas joué le personnage comme une caricature », a-t-il expliqué.
« Les personnages gays sont juste des êtres humains. On est tous pareils.
C’est comme ça que j’ai joué le personnage (de Hal), pas comme une caricature », a déclaré Christophe Plummer en coulisses des Golden Globes, dimanche, alors qu’il venait de recevoir le prix du meilleur second rôle masculin dans un film dramatique.
« Les homosexuels font partie de la société depuis les Egyptiens, depuis les Grecs…
C’est une partie de la nature humaine. Je sais qu’il y a beaucoup de sentiments anti-gays en ce moment et j’en ai horreur », a-t-il ajouté.
Sorti l’été dernier, Beginners, délicat film américain, a offert un rôle en or à cet acteur brillant, inoubliable ici en père (du personnage interprété par Ewan McGregor) sexagénaire qui a longtemps vécu son homosexualité caché et qui, malade, décide d’assumer enfin celui qu’il est.
Une histoire inspirée par celle qu’à vécu le père du réalisateur du film, Mike Mills.
Bientôt l’Oscar ?
Injustement méconnu en France, Christopher Plummer, un acteur canadien, est très aimé outre-atlantique où il apparaît souvent à l’écran (entre autre dans la version de Millenium signée David Fincher) ou sur les planches.
Il a travaillé avec les plus grands (Oliver Stone, Woody Allen, Terrence Malick, Michael Mann…) joué dans un triomphe de Disney (La mélodie du bonheur) et a déjà reçu deux Emmy et deux Tony awards.
Mais l’Oscar manque encore à son palmarès…
En rapportant ce prix face à Kenneth Branagh (My Week with Marilyn), Albert Brooks (Drive), Jonah Hill (Le Stratège) et Viggo Mortensen (A Dangerous Method), Christopher Plummer se retrouve favori pour la course à la statuette suprême…

"Je me croirais le plus heureux des mortels, si je pouvais faire que les hommes pussent se guérir de leurs préjugés" Montesquieu