Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
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Concert pour tous mardi 21 mai à la Bastille !
Dès aujourd’hui, les orientations des programmes de Français du collège et du lycée permettent d’évoquer homosexualité et homophobie au sein de la classe. Dès la 5ème, des « dialogues » et « débats » doivent avoir lieu au sein de la classe. En 3ème, ils doivent amener l’élève à « maîtriser l’expression d’une opinion personnelle. » Cet objectif permet aux cours de Français d’offrir un espace pour engager un débat sur l’orientation sexuelle et les discriminations liées à cette orientation.
Au lycée, le Français est une « discipline carrefour ». En Seconde, le programme encourage des relations avec d’autres disciplines, en particulier l’Éducation Civique, Juridique et Sociale « pour les exercices de débat ». Là aussi, c’est une porte ouverte à conduire un débat sur l’homophobie.
Évoquer l’homosexualité des écrivains permet d’aborder des débats d’idées qui caractérisent chaque époque. Il paraît difficile d’étudier le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et de passer sous silence la condamnation de son auteur aux travaux forcés à cause de son homosexualité ? De le même façon, l’avant-gardisme d’écrivaines lesbiennes n’est jamais évoqué, pas plus que les pressions sociales auxquelles elles étaient confrontées pour les forcer à « rentrer dans le rang ».
Dans Français, Seconde (Bordas), un chapitre est consacré à « L’autre, un sujet en question ». C’est l’occasion d’évoquer, à travers des textes choisis, le refus des inégalités et le combat anti-raciste. Là encore, un texte sur l’homophobie aurait une place tout à fait légitime.
Face à la frilosité des manuels pour aborder l’homosexualité et l’homophobie, tout repose sur l’initiative personnelle des professeurs. Les programmes leur offrent déjà le cadre officiel pour aborder ces questions en cours. Ils leur permettent aussi d’organiser des débats avec les élèves. Il leur faut maintenant les outils adéquats pour aborder facilement ces questions face à des adolescent-e-s. De la même manière, ces outils doivent également offrir aux problématiques et aux œuvres spécifiquement lesbiennes ou féminines la place qui leur revient. De telles modifications participeraient à une juste réhabilitation de la place et des apports des femmes dans la création littéraire.
De tels aménagements pourraient permettre une identification positive des jeunes gays et lesbiennes ; identification en conformité avec les objectifs de l’enseignement des Lettres au collège et au lycée.

"Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles". Montaigne, Essais, III, 5